Une jeune «mangaka» plus nipponne que nature

©2006 20 minutes

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Nul besoin d'être né au Japon pour devenir « mangaka » (dessinateur de manga). A preuve, l'épatant Pink Diary (Delcourt) écrit et dessiné par une jeune Française qui signe simplement Jenny. Ce livre, annoncé comme le premier « Shôjo 100 % tricolore » (Shôjo : manga destiné aux filles, à l'opposé du Shônen manga pour les garçons), raconte, sur 192 pages, les amours contrariées de Kiyoko, qui découvre avec angoisse que le garçon qu'elle n'avait pas su séduire quatre ans plus tôt sera dans son lycée dès la prochaine rentrée. Le récit est prévu en six volumes à paraître tous les trois mois. On s'en doute, la somme de travail est énorme : « Pour tenir le rythme, je travaille avec un assistant sur la préparation du deuxième tome », confie Jenny. Née en 1979 à Madagascar, cette diplômée des Gobelins vit en banlieue parisienne depuis l'âge de 3 ans. Elle déclare être venue très tôt au manga : « J'ai découvert cet univers vers 12 ans, par l'intermédiaire des dessins animés japonais, et il ne m'a plus lâchée. Mon style graphique s'en est naturellement imprégné. » Le résultat est bluffant : hormis un sens de lecture à l'européenne, rien ne distingue Pink Diary d'une production nipponne. Bien sûr, certains décrieront un tel mimétisme figuratif. Ce serait faire bien peu de cas du talent, bien réel, de notre prometteuse mangaka.

Olivier Mimran