Le site américain Pitchfork organise un festival de musique à Paris

Benjamin Chapon

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Pantha du Prince, artiste électro allemand
Pantha du Prince, artiste électro allemand — Rough Trade Records

La Grande Halle de La Villette accueille samedi et dimanche le meilleur du rock indé. Le Pitchfork Festival débarque de Chicago, où il a été créé en 2006, avec dans ses bagages des groupes comme Washed Out (leader de la pop rêveuse appelée chillwave), Pantha du Prince (champion allemand de l’électro minimale) ou Bon Iver (chanteur folk habité). Tous ces groupes ont, un jour, été repérés par le site Pitchfork à qui ils doivent, bien souvent, l’essentiel de leur notoriété.

>> Lire l’interview de Chris Kaskie, président de Pitchfork.

Créé en 1996, le webzine Pitchfork est aujourd’hui le plus gros site d’infos musicales indépendant avec 2 millions de visiteurs uniques par jour. D’abord site d’un fan, Ryan Schreiber, qui n’avait même pas les moyens d’imprimer un fanzine, Pitchfork fait aujourd’hui autorité. Outre une foule de vidéos, interviews, et d’infos sur l’actualité des groupes, Pitchfork a fait sa réputation sur ses chroniques d’albums, notés entre 0 et 10.

Trop indé ou trop mainstream?

Comme tous les carnets de note, celui de Pitchfork fâche. Ses impitoyables chroniques sont craintes. Et certains groupes ne se sont jamais relevés d’un 3.2/10 assassin. D’autres au contraire ont vu leur notoriété faiblarde exploser après un 9.8. Autrefois site confidentiel lu par une minorité éclairée, Pitchfork a aujourd’hui une audience telle que son influence agace. On lui reproche tout et son contraire. D’être trop dur avec les artistes mainstream, complaisant avec les petits groupes indés. Ou inversement. Quoi qu’il en soit, l’exhaustivité de ses informations autant que son sens critique affûté, et parfois sa mauvaise foi assumée, ont fait de Pitchfork la Bible des fans de musique.