«Mylo Xyloto», un album décisif pour Coldplay?

MUSIQUE Le cinquième album du groupe britannique qui est sorti ce lundi en France a nécessité trois années de travail, et pourtant les quatre musiciens peinent à le défendre comme il se doit...

Anaëlle Grondin

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Coldplay joue sur le plateau de l'émission «Today» de NBC News, le 21 octobre 2011.
 
Coldplay joue sur le plateau de l'émission «Today» de NBC News, le 21 octobre 2011.   — Peter Kramer/NBC/AP/SIPA

La sortie du nouvel album de Coldplay est sans conteste la plus attendue de ce mois d’octobre. Trois ans se sont écoulés depuis «Viva la vida or death and all his friends» et les fans trépignaient d’impatience. La preuve: au Royaume-Uni Mylo Xyloto a battu tous les records de pré-vente de l’année sur Amazon et les places pour le concert du groupe, prévu à Paris Bercy le 14 décembre prochain, sont parties en à peine trente minutes le mois dernier.

Coldplay pourrait se targuer de ce succès auprès du public - malgré les critiques pas toujours tendres -, et aussi d’avoir remporté de nombreux Grammy awards et d’avoir vendu, depuis son tout premier disque, 50 millions d’albums. Pourtant, à peine son nouveau bébé dans les bacs (non sans peine), le groupe britannique semble lui-même ne pas y croire. Il n’y a qu’à lire les déclarations récentes de Chris Martin, son frontman, à la presse anglo-saxonne. «Maintenant nous devons faire face à Justin Bieber et Adele qui sont beaucoup plus jeunes», a-t-il déclaré au DailyMail ce mois-ci. «Nous devons avoir l’énergie nécessaire pour mettre autant d’efforts qu’eux dans notre travail. Si c’est terminé, c’est terminé. Je peux vivre avec ça. La chose la plus importante est de toujours faire comme si chaque album était le dernier et ne rien attendre de plus.» Le chanteur aurait même déclaré, selon RFM: «Ca pourrait être notre dernier album. C’est la distillation de trois années de travail et actuellement, je n’imagine pas d’où un autre album pourrait venir.»

Des incertitudes à peine voilées

Les quatre Britanniques de Coldplay n’auraient-ils plus la passion ni l’inspiration d’antan? Le groupe ne cache en tout cas pas ses incertitudes. Mais cela peut se comprendre: difficile de faire encore mieux qu’un «Viva la vida or death and all his friends» qui a explosé les records de vente en 2008 avec sept millions d’exemplaires vendus.

Peut-être Coldplay craint-il toujours l’accueil que le public offrira à son travail, même après quinze ans d’existence. Et si Brian Eno (David Bowie, U2) n’avait pas souhaité impulser ce disque, qui sait s’il serait sorti un jour. Présenté comme un «concept-album», le cinquième opus du groupe raconte «une histoire d’amour triomphante», mêlant pop et mélodies grandiloquentes, accents électro ainsi qu’une pointe de RnB, notamment sur le duo aussi surprenant qu’efficace avec Rihanna, «Princess of China» (une manière d’élargir son public?). La patte «Coldplay» se ressent ça et là, sur une poignée de titres dépouillés, où la voix de Chris Martin prend les devants, comme dans la ballade «Up in flames». Mais le groupe, qui se risque à l’expérimentation, paraît se perdre entre les morceaux, qui s’enchaînent parfois dans l’incohérence. Et si le public préférait leur mélancolie des débuts («The Scientist», «Yellow», ou encore «Trouble») à cette euphorie nouvelle, qui leur colle beaucoup moins à la peau?  Les critiques n’ont jusqu’à présent jamais empêché le groupe de continuer à triompher dans les charts, mais l’avis des fans aiguillera certainement Coldplay quant à la suite à apporter à «Mylo Xyloto». Si suite il y a.

Premier extrait de l'album, la chanson «Every Teardrop is a Waterfall»