Cibelle pour aller chanter

©2006 20 minutes

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Il ne faut pas chercher de cohérence chez Cibelle. Ce qui plaît par-dessus tout à cette lumineuse chanteuse brésilienne, c'est le côté foutraque et sauvage de ses chansons. Le titre de son second opus, The Shine of Dried Electric Leaves, évoque « ces étincelles, ces particules de poussières que je veux, dit-elle, faire voler tout autour des gens qui m'écoutent ».

En live, comme ce soir à la Scène Bastille (Paris 11e), cette ancienne mannequin se révèle aussi planante que sur disque. Accompagnée des trois musiciens de ses débuts, elle aime s'emparer d'une guitare sèche et fermer les yeux pour poser sa douce voix sur son mélange d'électro acoustique vaporeuse. « Sur scène, je me connecte avec l'atmosphère de la salle. Puis avec la musique. Je me donne totalement au son pour mieux m'offrir au public. » Sa légèreté semble autant l'éloigner de la planète Terre que l'intimité caressante de ses textes la lie à son auditoire. « Mes textes ne sont pas personnels, ils abordent la profondeur des choses. Je parle de sentiments en général mais jamais de ma vie privée, concrète. C'est pour ça que je me sens proche de tout le monde. Egalement parce que j'ai gardé vivante la petite fille qui est en moi. »

A 25 ans, Cibelle arrive pourtant à transcender sa nonchalance et sa rêverie quand elle entre en studio. Auteur, compositeur et multi-instrumentiste, elle a beaucoup voyagé entre Paris, Londres et São Paulo (sa ville natale) pour enregistrer, plus de trois ans durant, des rythmes bossa-nova, électro, folk et jazz. « Je voulais échantillonner mon second album, créer de petits bouts de morceaux qui soient proches des émotions qui transpirent de mes poèmes. Construire des sculptures découpées. »

Entourée d'amis talentueux comme Devendra Banhart ou Seu Jorge, elle s'est créé un univers éthéré et poétique, une parenthèse enchantée qui se révèle – et qui la révèle du même coup – totalement en live.

Adeline Lajoinie