Bande dessinée: la collaboration tant attendue de Pacco et Margaux Motin a porté ses fruits

CULTURE Les deux auteurs cosignent un nouvel album, «Very Bad Twinz»...

Charlotte Pudlowski

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Planche de Very Bad Twinz, de Margaux Motin et Pacco, chez Fluide G.
Planche de Very Bad Twinz, de Margaux Motin et Pacco, chez Fluide G. — Margaux Motin et Pacco

«On avait envie de travailler ensemble depuis longtemps», lance Pacco. «Au-delà de l’envie c’était une évidence», confie Margaux Motin. Les deux auteurs de BD sortent un nouvel album, dessiné à deux, scénarisé à deux, où chacun a versé un peu de son univers, pour propulser deux démons, Gomar et Pacc', en phase de croupissement en enfer, sur Terre.

La rencontre date d’il y a quelques années. Margaux Motin écrivait un blog, Pacco aussi. «A l’époque je regardais beaucoup les blogs, pour voir comment ça fonctionnait, raconte Pacco. Je suis tombé sur celui de Margaux, j’ai trouvé ça assez génial, et elle parlait de la maternité, moi j’étais papa, ses thèmes me correspondaient». Il lui a envoyé un mail pour lui dire qu’il était fan. Elle a répondu, et ils avaient les mêmes goûts, les mêmes approches du dessin, du Web, presque de la vie. «On a fini par se rencontrer, on s’est rendu compte qu’on était deux gros crétins et qu’on avait envie de se marrer».

Avant même toute idée d’album en commun, ils échangent leurs dessins, l’un complète ceux de l’autre, sans concertation, «juste pour le plaisir de créer a deux» se souvient Margaux Motin. «Du coup, quand Anaïs Vanel, la boss de Fluide.G, nous a offert l’opportunité de travailler à un projet ensemble, on a foncé».

Changer de sexe, changer de trait

Pour les fans de chacun («surtout ceux de Margaux beaucoup plus nombreux», corrige Pacco) le risque est de voir l’univers de l’un se dissoudre dans celui de l’autre. Et que personne ne retrouve ce qu’il aime au départ chez son auteur. Mais «écrire avec Pacco, c’est écrire avec quelqu’un en qui j’ai totalement confiance», clame Margaux Motin avec un enthousiasme partagé par Pacco: «A aucun moment il n’est question de défendre son terrain par rapport au co-auteur. C’est un vrai travaille d’équipe ou chacun fout ses tripes sur la table, accepte ses limites».

Au début, chacun faisait son bout de planche, remplissait sa partie décor, son personnage, et peu à peu, ça a changé. Surtout à partir du moment où le personnage de l’un se retrouve dans le corps de l’autre, c’est-à-dire que Gomar se retrouve avec des couilles tandis que Pacc’ n’en a plus. «Bizarrement, c’est à ce moment-là que l’organisation est devenue plus organique», explique Pacco. Et c’est là que le lecteur s’amuse aussi le plus: dans le renversement des cadres et des stéréotypes.

Les auteurs sont en dédicace au Virgin Megastore Champs-Elysées jeudi 27 octobre de 18 à 21h.