Susie Morgenstern: «Quand je l'ai lu, j’ai pleuré!»

CULTURE Susie Morgenstern, auteur jeunesse, a traduit le livre de Barack Obama en Français. «Of Thee I Sing, lettre à mes filles» sort mercredi en France...

Recueilli par Anne Kerloc’h
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Extrait du livre de Barack Obama
Extrait du livre de Barack Obama — DR.

Qu’avez-vous pensé du livre avant de le traduire? C’est mon éditrice qui me l’a fait découvrir, elle voulait savoir ce que j’en pensais. J’ai commencé à le lire… et j’ai pleuré! Je suis de culture américaine et ce livre, très ancré dans la culture américaine, m’a terriblement émue. J’ai été élevée dans l’idée que les enfants peuvent faire de grandes choses, qu’il y a des héros, des modèles. Bon en même temps, pleurer, je suis très douée pour ça hein! Mais là, je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de le traduire. Ce que j’ai fait avec ma fille Aliyah, professeur à la Sorbonne.

Ce livre, très américain, peut-il toucher un public au-delà de ses frontières?
Il est patriotique oui, mais beaucoup d’enfants français savent qui est Albert Einstein ou Martin Luther King, ils font partie de notre patrimoine mondial.

Quels ont été vos difficultés de traduction?
Nous nous sommes creusées la tête pendant des mois pour trouver un équivalent du titre «Of Thee I sing», un extrait de chanson aussi connu que l’est «Allons Enfants!» en France. Finalement, nous avons appris par l’agent d’Obama le titre devait être unique dans le monde entier! On a donc juste traduit le sous titre

Pensez-vous qu’Obama l’a écrit lui-même?
Oh oui! J’ai lu ses livres adultes et je reconnais son style. Ses filles sont très importantes à ses yeux, une de ses grandes priorités, je l’imagine sans peine écrire pour elle. Après, il a certainement été conseillé par ses collaborateurs pour choisir les 13 personnages, l’ensemble étant très politiquement correct: des blancs, des noirs, un hispanique, un Indien, une handicapée… Je trouve le style assez poétique, le livre digne. C’est très digne et très joli de dire aux enfants qu’ils ont la capacité de tout faire en leur montrant ceux qui ont accompli de grandes choses, qui ont commencé dans la vie sans être ni riche ni privilégié.