Les belles histoires d'oncle Barack

CULTURE Un livre jeunesse signé du président des États-Unis sort mercredi en France...

Anne Kerloc'h
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Martin Luther King Jr. figure parmi les personnages historiques choisis par Barack Obama.
Martin Luther King Jr. figure parmi les personnages historiques choisis par Barack Obama. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Imagine-t-on Nicolas Sarkozy publier un recueil de comptines («Petit doudou a travaillé plus, petit doudou dormira plus»)? Aux Etats-Unis, après Jimmy Carter et son conte illustré Little Baby Snoogle-Fleejer, Barack Obama signe un album jeunesse. Of Thee I Sing, lettre à mes filles sort demain en France.

Ses filles, ses héros
Illustré par Loren Long, c'est un double chant d'amour à ses filles et à l'Amérique, au travers treize personnages historiques : Billie Holiday, Sitting Bull… Heureux éditeur, De la Martinière Jeunesse le met en place à 10 000 exemplaires (contre 500 000 aux Etats-Unis). « Dés que je l'ai vu à la Foire du livre de Francfort, je me suis dit : C'est pour nous ! lance Béatrice Decroix, l'éditrice. Le fait qu'il soit signé Obama était bien sûr le moteur ». Pour remporter les enchères, elle s'aligne sur les demandes financières de Random House « plus élevées que notre première offre, mais pas démesurées », et bétonne son projet éditorial comme d'autres des lettres de motivation. Primo, la maison a fusionné avec le Seuil, éditeur des livres adultes d'Obama, deuzio, la traduction sera assurée par Susie Morgenstern, auteur jeunesse, Américaine de naissance, en duo avec sa fille Aliyah. « Il fallait Susie pour porter ce livre », souligne Béatrice Decroix. « Quand je l'ai lu, j'ai pleuré ! confie Susie Morgenstern. J'ai été élevée dans cette idée très américaine que les enfants peuvent faire de grandes choses. Je trouve ce livre digne et je reconnais le style d'Obama. Il a sans doute été aidé par ses conseillers pour le choix des personnages, très politiquement correct, avec un Indien, un Hispanique, un Noir, mais porte sa marque. » A défaut d'être un auteur jeunesse d'envergure, tonton Barack ne s'en sort pas trop mal. Le ton est bien solennel et lyrique, façon prédicateur et président for ever, mais l'ensemble vibre avec une certaine conviction et sied à sa fonction. Un chef d'Etat reste un chef d'Etat… Même penché à hauteur d'enfant.

>> L'interview de Susie Morgenstern, la traductrice, par ici...