un destin confondu avec sa firme « Ce qu'il faut, c'est croire en quelque chose »

Mathieu brückmulleret Anne Kerloc'h

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le titre Applen'a pas baissé à New York.
le titre Applen'a pas baissé à New York. — T. SANG / AP / SIPA

Destins liés. Le cours de Bourse d'Apple avait déjà été agité par la santé de son dirigeant. En janvier, quand Jobs prend un congé maladie, l'action perd 2,25 %. En août, quand il annonce sa démission, le cours dévisse de 7 %, puis limite les dégâts avec moins 1,91 % à la fermeture.

Apple « prêt » pour ce changement
Hier, la catastrophe n'a pas eu lieu. Le titre a certes baissé à Francfort, mais pas à la Bourse de New York, où il progressait dans la matinée. Pour l'analyste Leslie Griffe De Malval, à l'instar de Disney ou de Ferrari, Apple a toutes les chances de poursuivre son aventure s'il continue d'innover « A très court terme, l'impact sera limité, explique-t-elle, car le marché prenait déjà en compte le risque d'une disparition de Steve Jobs. Il avait déjà pris du recul et n'était plus que président du conseil d'administration. » Cette semaine, c'est son ancien second, Tim Cook, devenu PDG, qui a assuré le keynote. « La société était prête pour ce changement, insiste l'analyste. Il y a des équipes de management en place. Elles connaissent bien le fonctionnement d'Apple. Jobs a laissé une structure qui peut lui survivre. Les produits à un horizon de dix-huit mois sont prévus et il a pu jeter un œil dessus. » Reste un avant et un après, « Il n'y aura pas de nouveau Steve Jobs. Ce sera un Apple un peu différent. »
Le 12 juin 2005, Steve Jobs se rend à la prestigieuse université de Stanford pour prononcer devant les étudiants un discours désormais mémorable. Dans cette longue confession, « Les trois histoires de ma vie », il revient sur son enfance, son parcours, la fondation d'Apple et sa philosophie d'entrepreneur. Extraits : « On ne peut prévoir les répercussions qu'auront certains événements dans le futur ; C'est après coup, seulement qu'apparaissent les liens entre divers événements. Tout ce que vous pouvez faire, c'est espérer que les événements prennent leur sens, jouent un rôle dans l'avenir. Ce qu'il faut, c'est croire en quelque chose – vos tripes, votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude est la mienne, elle ne m'a jamais laissé tomber et elle a fait toute la différence dans ma vie. »

La bible selon Jobs

Steve Jobs, livre d'entretiens officiels avec Walter Isaacson édité chez JC. Lattès a vu ses préventes décoller, nous a confirmé hier le site fnac.com. L'ouvrage de 750 pages, tiré à 50 000 exemplaires, devait initialement sortir le 21 novembre. L'éditeur l'a avancé, hier, au 2 novembre.