britney pour le meilleur et pour le spears

à amnéville, JOEl Métreau

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«D'abord Christophe Maé, puis Britney Spears, c'est de mieux en mieux papa ! L'an prochain, tu m'emmènes voir les Black Eyed Peas ? », s'exclame une petite fille devant le bâtiment du Galaxie à Amnéville. Mercredi soir, pour la première date de sa tournée en France, l'interprète de Toxic et de Womanizer a jeté son dévolu sur la Moselle. Les fidèles se remémorent : « La première fois qu'on l'a vue, c'était aux Etats-Unis, dans une soirée privée, raconte la Russe Elena, 15 ans, qui partage une bière avec sa sœur. C'était avant qu'elle rencontre Kevin Federline [un ex-mari]. Elle avait chanté une chanson après avoir un peu bu. » Mais deux mariages, deux grossesses et une boule à zéro plus tard, la blonde se retrouve confrontée à de redoutables concurrentes. « Non, ce n'est pas complet ce soir. Beyoncé, elle, avait fait 13 000 personnes », lâche une employée de la salle de concert. Britney n'en fera « que » 7 500 ce soir.

Belle presque toute nue
Précédé, en première partie, par deux clones plus jeunes – le duo girly Destinee & Paris –, et d'une pub pour son parfum Radiance, Britney Spears arrive sur scène assise sur un trône. Puis se redresse le corps dodu ficelé dans un deux-pièces à paillettes. En une heure vingt, elle enchaîne vingt-deux titres, au milieu de danseurs sexy, qui la déplacent parfois. Britney bouge encore certes, mais à 29 ans, les chorégraphies sophistiquées appartiennent au passé. Ou plutôt à une relève incarnée par Lady Gaga et Rihanna. « Oui, mais Lady Gaga est trop extravagante, déplore un fan, Britney est naturelle. » « Oui, mais Beyoncé, elle a la grosse tête, elle passe pas les portes, persifle un autre, Britney a de la simplicité. » « Oui, mais Rihanna, c'est juste une faiseuse de tubes, Britney au moins on retient les albums », assure un troisième. Pour arbitrer cette querelle, il faudrait fermer les yeux, comparer les prestations vocales. Mais comme Britney chante surtout en play-back, le regard se rabat sur le défilé d'accessoires et de décors : Britney sur une moto, Britney sur une barque égyptienne, Britney en cage… En toute simplicité.

« Ne pas la toucher »
Pourquoi tant d'artifices ? On aurait aimé l'interviewer sur son show : « Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! », avait ricané l'attachée de presse de la maison de disques. Rien qu'une photo avec elle pour baigner dans l'aura de sa célébrité ? Priorité au D.G. de Fun Radio, partenaire de la tournée. Donc, pour l'approcher, il aurait fallu s'en remettre au hasard, comme ces fans gagnants du concours de la radio musicale qui ont pu passer quelques minutes sur scène avec elle. « Mais on a reçu comme consigne de ne pas la toucher », explique Joachim Ohnona, 23 ans, probablement fan numéro un français de la star. Cet auteur d'un livre autoédité, consacré à la chanteuse, assiste à douze dates de sa tournée. « Teenage music, hip-hop… Britney a toujours été précurseur d'un son, sauf pour son dernier album Femme fatale. » Sorti fin mars, son septième disque s'est vendu à 666 000 exemplaires. Une broutille parmi les 70 millions d'albums écoulés depuis ses débuts, à la fin des années 1990. « Britney, c'est un concept, une force de conviction et un exemple d'ambition et de réussite », insiste Joachim Ohnona. Hier soir, il devait se rendre à Paris-Bercy. Mais il ne remontera pas sur scène comme à Amnéville. « C'était comme si on allait vers la mort, on est allé vers la lumière blanche. » Et à la fin, il a plu des confettis.
* La dernière date de sa tournée française :

21 octobre à Montpellier.

des remixES

Outre une tournée en Europe et en Amérique du Sud jusqu'en décembre, une collection de remixes, « B in the Mix the remixes volume 2 », sera disponible le 11 octobre.