Vieux souvenirs

Charlotte Pudlowski

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Le romancier David Foenkinos.
Le romancier David Foenkinos. — BALTEL / SIPA

Quand il était plus jeune, David Foenkinos a été vieux. A 16 ans il a été victime d'une grave maladie cardiaque réservée aux sexagénaires. Personne de son âge n'avait jamais été atteint de cette affection.
Puis Foenkinos a guéri, il est redevenu jeune, mais la vieillesse est restée dans un coin de sa tête, et elle est devenue cette année un roman : Les Souvenirs (Gallimard). Il y cite René Char : « Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir. »

L'angoisse du vieillissement
L'histoire est celle d'un jeune écrivain qui voit sa grand-mère vieillir dans une maison de retraite, « salle d'attente de la mort ». Elle fugue. Lui la cherche et goûte à l'angoisse vertigineuse du vieillissement. « Est-ce que le désir meurt ? Deviendrai-je un jour insensible à la sensualité ? »
Le roman, qui ausculte le franchissement de la décrépitude, est entrecoupé d'interludes : des souvenirs. L'un d'entre eux est attribué à l'écrivain F.S. Fitzgerald. Alors qu'il vit isolé dans la misère, il apprend qu'une troupe joue une pièce tirée de l'un de ses romans. Il va la voir répéter. Les acteurs ne le reconnaissent pas. Il se présente. Une jeune femme lance : « Mais… on pensait que vous étiez mort ! »

Déjà un Succès

Alors que David Foenkinos adapte au cinéma, avec son frère, son roman La Délicatesse (800 000 exemplaires vendus), Les Souvenirs sont en lice pour le Goncourt, et il se murmure que le livre est bien placé.En attendant, il a fait l'objet d'un premier tirage à 50 000 exemplaires,et se place dans le Top 10 des meilleures ventes de roman.