Ceci est une gouache

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« Magritte tout en papier » présente jusqu'au 19 juin au musée Maillol (Paris 7e) une facette méconnue de l'oeuvre du peintre belge. Deux cents gouaches, dessins, collages, lettres et croquis de René Magritte (1898-1967), réalisés sur papier. « Indépendamment du dessin, le papier est entré dans son oeuvre par le détour de l'affiche publicitaire », relate le conservateur du musée, Bertrand Lorquin. Ces « travaux imbéciles », selon un Magritte poussé par la nécessité financière, ont influencé son oeuvre. On le voit dans l'utilisation et le détournement du mot dans la toile, à l'image de la célèbre Trahison des images (1952-53), représentation d'une pipe mais pas une pipe à proprement parler.

L'expo présente aussi des lettres avec croquis adressées à ses amis surréalistes, comme André Breton, des manuscrits et quelques peintures dont le titre, souvent décalé, fait autant sens que l'image. C'est le cas du Survivant (1950), fusil ensanglanté que l'on devine encore fumant, posé contre un mur.

J. Dréan