Donald E. Westlake : « Qui n'a pas de problème n'a pas d'histoire »

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Donald E. Westlake, écrivain. Dernier roman : Les Sentiers du désastre (Rivages Thriller).

A près de 73 ans, vous êtes l'auteur de plus de quarante romans. Pourquoi écrivez-vous ?

Depuis mon enfance, j'ai toujours aimé écrire des histoires. A l'époque, c'était pour m'évader d'un quotidien ennuyeux. Aujourd'hui ce qui m'intéresse en tant que romancier, c'est de créer des personnages et de trouver les motivations qui les poussent à agir de telle ou telle manière.

Vous donnez dans des genres très différents, drôles ou extrêmement noirs. Mais quoi qu'il arrive, vos histoires tournent toujours mal...

L'élève qui fait bien ses devoirs n'a pas de problème et donc pas d'histoire. Celui qui sèche les cours et ne travaille pas finit toujours par avoir des problèmes. Il est tout de suite plus intéressant car on veut savoir s'il va s'en tirer ou s'il va s'enfoncer davantage. On ne retient toujours que ce qui ne marche pas.

Où trouvez-vous votre inspiration ?

Je n'en sais rien. Plus j'écris, plus les idées me viennent. L'écriture et l'imagination sont comme un muscle, plus on le travaille moins on a de courbatures. J'écris tous les jours pour entretenir la machine. Mon problème ce n'est pas d'avoir des idées mais de choisir entre toutes celles que j'ai.

Vous ne faites pas de plan ?

Jamais. Si je sais par avance comment va finir l'histoire, ça ne m'amuse pas. Or, je n'écris pas pour laisser une trace, j'écris pour le plaisir.

Dans Les Sentiers du désastre, aucune histoire n'aboutit et pourtant vous tenez le lecteur en haleine...

Un vieil adage dit que ce qui compte dans un voyage c'est le voyage lui-même, pas la destination.

Recueilli par Bastien Bonnefous

Dans Les Sentiers du désastre, Dortmunder le cambrioleur loser, héros récurrent de Westlake, tente de voler une collection de voitures de luxe. Rien ne va rouler comme prévu. Irrésistible.