Rolando Villazon : «Je n'oublierai jamais mon premier jour à Paris»

©2006 20 minutes

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Vous êtes l'un des ténorsles plus en vue en ce moment.Quelles ont été vos étapes importantes depuis vos débuts en 1992 ?

Ma carrière internationale a commencé avec Manon de Massenet à Gênes en 1999. Quelques jours après, je participais au concours de Maestro Domingo en gagnant trois prix. Ensuite, j'ai fait la connaissance de maestro Barenboïm à Berlin. Travailler avec lui m'a permis de beaucoup apprendre.

Et puis il y a eu votre aventure française ...

La Bastille ! Je m'y sens comme quand je chantais chez moi au Palacio de Bellas Artes, à Mexico. Paris a été la première grande opportunité de ma carrière. Le ténor qui chantait dans La Traviata a dû annuler. Hughes Gall, le directeur de l'Opéra, s'est renseigné auprès de mon agent qui m'a appelé en me disant : « On va à Paris. » J'ai demandé s'il y avait des auditions et il m'a répondu : « Non, tu commences les répétitions. » Je n'oublierai jamais le premier jour où je suis arrivée. Je regardais cette salle immense en me disant : « Je veux rester ici. »

Le directeur du Metropolitan Opera de New York prétend que les artistes préfèrent chanter chez lui, parce que le public y est meilleur. C'est vrai ?

Non, je ne crois pas. En effet, son public connaît bien la musique mais en France, il est aussi très respectueux, ouvert et prêt à montrer son enthousiasme quand l'occasion le mérite. Aux Etats-Unis, le public applaudit tout de suite, mais il tousse aussi beaucoup et on l'entend ouvrir des paquets de bonbons.

Quels sont vos grands modèles ?

Maestro Domingo, bien sûr. Je l'admire comme homme, comme acteur, comme artiste. J'aime non seulement sa façon de vivre la musique mais aussi sa manière de manager sa carrière. C'est un modèle pour moi. Il est de plus gentil et enthousiaste comme s'il avait 20 ans.

Recueilli par Philippe Verrièle

Villazon profite de sa venue à Paris pour sortir un récital en CD, chez Virgin Classics. Au programme, de grands airs interprétés avec virtuosité bien sûr, mais aussi avec puissance (Bizet et Verdi) ou avec humour (Offenbach).