Alain Chamfort: "J'ai cru qu'il n'y avait plus de place pour moi"

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 Vos places de concert pour demain à l’Olympia sont vendues 5 €. Pourquoi ?

C’est un parti pris de liberté et une façon de remercier monpublic, même si cela me coûte de l’argent. Un artiste peut, selon moi, offrir une fois dans sa carrière
un concert à moins de 15 €.

N’est-ce pas aussi un coup marketing?

Les maisons de disques ne se remettent plus en question. Or, aujourd’hui, l’important,c’est la créativité. Il faut oser. C’est ce que je fais.

Etes-vous un rescapé de la chanson française?

J’ai bien peur que oui ! Il y a quatre ans, j’ai cru qu’il n’y avait plus de place pour des artistes comme moi. Et puis les choses ont tourné à mon avantage, malgré la rupture de contrat avec EMI que j’ai vécue de manière un peu violente et injuste. Mais ça m’a permis de rebondir avec un label indépendant et de communiquer autrement, par des actions personnelles.

Vous ne songez donc pas à la retraite?

Non ! (Rires.) Tant que j’ai envie d’écrire et de prendre du plaisir sur scène et que je sens que certaines personnes n’y sont pas insensibles, je ne vois pas pourquoi j’arrêterais. Peut-être qu’un jour j’y serai contraint par manque de moyens.

La chanson est-elle devenue une forme de combat pour vous ?

Oui,mais je ne brandis pas le poing. Au contraire, j’amène les choses de manière insidieuse et subtile.

Seriez-vous un modèle en la matière?

En tout cas, si ça peut susciter l’envie chez d’autres artistes de se prendre en main et de considérer que la décision n’appartient pas toujours forcément à celui qui est du côté du plus fort, ce rôle me va.

Recueilli par Ingrid Pohu
Cet « has-been superbe dont peuvent s’inspirer les idolesen herbe » comme il se décrit, célèbre trente ans de carrière avec Le Chemin est le bonheur, best of où l’on retrouve la plume de Gainsbourg(Manureva) et de son auteur fétiche, Jacques Duvall (Lili Shanghaï).