Jerry Lewis: «Le public a toujours été au rendez-vous »

©2006 20 minutes
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Pourquoi publier ces souvenirs aujourd'hui ? 

J'ai commencé à l'écrire quand Dean Martin est mort. La douleur que son décès m'a causée était si puissante que j'avais besoin de l'extérioriser. Il m'a fallu dix ans pour parvenir à tout extirper.

Qu'est-ce qui a été le plus difficile ? 

Choisir parmi toutes les anecdotes. Le manuscrit était beaucoup trop long. Mais je publierai une suite qui s'appellera « Ce que je n'ai pas pu mettre dans le premier livre ».

Qu'aimiez-vous le plus chez Dean Martin ?

Son sens de la répartie, son humour, la façon dont il savait me cadrer. Je ne dirai jamais assez à quel point nos années ensemble [entre 1943 et 1956] ont été importantes pour moi.

Comment le livre a-t-il été reçu aux Etats-Unis ?

Mieux que la plupart de mes films. En fait, les critiques américains n'ont commencé à m'apprécier qu'avec King of Comedy, de Martin Scorsese, parce qu'ils estimaient que j'arrêtais enfin de faire le clown. Heureusement que des pays comme la France m'ont toujours soutenu !

Avez-vous souffert de ce manque de reconnaissance de la critique ? 

Pas du tout car le public était au rendez-vous. Quel plaisir quand quelqu'un m'arrête dans la rue en me remerciant d'avoir éclairé son enfance ! Cela vaut tous les articles élogieux.

Que pensez-vous du Hollywood actuel ?

Tout est tenu par des crétins qui ne pensent qu'à l'argent. Autrefois, les producteurs n'étaient pas toujours faciles, mais c'étaient des êtres humains, pas des corporations. 

Vous continuez à aller au cinéma ? 

Bien sûr, mais je me renseigne avant. Quand j'étais plus jeune, j'étais toujours sûr de passer un bon moment.

Recueilli par Caroline Vié

Jerry Lewis évoque son ex-partenaire avec pudeur et humour. Les stars d'Hollywood font aussi des apparitions,  mais ce livre est d'autant plus touchant que son auteur ne se donne pas toujours le beau rôle.