Le chorégraphe français Roland Petit s'exprime le 2 mars 2004, lors  de son spectacle de danse Roland Petit raconte les chemins de la  création sur la scène du théâtre Jean-Vilar à Suresnes.
Le chorégraphe français Roland Petit s'exprime le 2 mars 2004, lors de son spectacle de danse Roland Petit raconte les chemins de la création sur la scène du théâtre Jean-Vilar à Suresnes. — JEAN AYISSI / AFP

DISPARITION

Le danseur et chorégraphe Roland Petit est mort

Il était âgé de 87 ans...

Le danseur et chorégraphe français Roland Petit est décédé à l'âge de 87 ans à Genève (Suisse) ce dimanche, a annoncé l’Opéra national de Paris. 

L'Opéra salue «l’un des artistes de la danse les plus importants des 20e et 19e siècles pour notre maison et le monde chorégraphique». 

Une conception théâtrale du ballet

Né à Villemomble le 13 janvier 1924, Roland Petit entre à l'Ecole de danse de l'Opéra de Paris en 1933. Sa mère, Rose Repetto, est la créatrice des chaussons de danse éponymes qui connaissent aujourd'hui un regain de succès. Avec Janine Charrat, il présente ses premières chorégraphies aux «Soirées de la Danse » qu'organise Irène Lidova. Epaulé par Roger Eudes, Boris Kochno et Irène Lidova, Roland Petit - avec l'aide matérielle de son père - crée, en 1945, les «Ballets des Champs-Élysées»: Les Forains, Le Rendez-vous, bientôt suivis du Jeune homme et la Mort, qui associent écrivains (Boris Kochno, Jacques Prévert ou Jean Cocteau), décorateurs (Christian Bérard, Brassaï, Georges Wakhévitch) et compositeurs (Henri Sauguet ou Joseph Kosma), et affirment d'emblée une conception théâtrale du ballet, à laquelle Roland Petit demeurera fidèle. 

 

En 1948, le chorégraphe fonde les «Ballets de Paris», qui se produisent au Théâtre Marigny, et l'année 1949 est marquée par la création de Carmen à Londres : Renée Jeanmaire, qu'il épousera en 1954, devient Zizi.

De Paris à Hollywood

Une carrière internationale s'ouvre alors à lui: Il collabore à Londres avec Orson Welles pour The Lady in the Ice (1953) et Hollywood l'invite pendant quatre ans. Roland Petit y tourne Hans Christian Andersen en 1952, Daddy Long Legs en 1954, Anything Goes en 1955.

A son retour des Etats-Unis, Roland Petit adapte la comédie musicale américaine au goût français, et monte «La Revue des Ballets de Paris» au Théâtre de Paris, puis à l'Alhambra (1956-1959).

Vingt-six ans à Marseille

En 1970, il accepte la Direction de la Danse à l'Opéra de Paris, mais démissionne au bout de six mois. Il rachète alors le Casino de Paris et monte la revue Zizi, je t'aime. Malgré le succès, les lourdes charges fiscales contraignent Roland Petit et Zizi à abandonner l'entreprise. En 1972, le maire de Marseille, Gaston Defferre, invite Roland Petit à venir dynamiser la compagnie de l'Opéra municipal. C'est chose faite.  Il crée les «Ballets de Marseille», rebaptisé «Ballet National de Marseille-Roland Petit», et parcourt le monde. Vingt-six ans plus tard, en mars 1988, Roland petit met les voiles et offre au Ballet de Marseille son dernier ouvrage: Le Lac des cygnes et ses maléfices.

Depuis, le chorégraphe avait remonté ses oeuvres ou en avait créé de nouvelles, dont Clavigo à l’Opéra national de Paris (octobre 1999), Les Chemins de la création (Suresnes – Théâtre Jean Vilar / 2004) et Last Paradise pour le Ballet national de Chine à Pékin (mai 2008).

 

En septembre 2010, une grande soirée de gala et quatorze représentations avaient réuni trois de ses plus grands ballets au Palais Garnier (Le Rendez-vous, Le Loup et Le Jeune Homme et la Mort).