Les wu lyf ont prêché la bonne parole du rock

à Belfort, Joël Métreau

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Quand Ellery Roberts chante au-dessus de son orgue, de la main droite, il se frappe la poitrine. Comme pour mieux expulser cet air qui se transforme en voix écorchée et rocailleuse. Dans sa veste en jean, il a l'air en transe. Pour leur deuxième concert en France, aux Eurockéennes de Belfort, depuis la sortie de leur premier album Go Tell Fire to the Moutain, les Wu Lyf ont montré qu'ils étaient à la hauteur de la curiosité qu'ils ont suscitée.

Prétentieux ou miraculeux ?
Des interviews accordées avec une extrême parcimonie, un site Web aux allures de dazibao. Les acquéreurs de leur premier maxi, vendu en vinyle et à moins de 1 000 exemplaires, peuvent assister à vie à leurs concerts – dans la limite des places disponibles – en portant le bandana livré avec le disque. Alors… Des pourfendeurs de l'industrie musicale? Des gamins prétentieux? Des génies miraculeux? Des Mancuniens poseurs? Depuis que les Wu Lyf ont enflammé le Net en 2010, les qualificatifs abondent. Un an plus tard, on apprend qu'ils sont coachés par un expert en marketing, puis le rappeur Jay-Z les twitte et le groupe enchaîne alors les dates de concert dans le monde. Peu à peu, Wu Lyf (fumeux acronyme de « World Unite Lucifer Youth Foundation ») perd de son aura mystérieuse. Mais sur scène, les quatre gringalets du groupe Wu Lyf entretiennent une flamme mystique avec une assurance incroyable. On pensait assister à une messe noire, avant que le guitariste et le bassiste s'embrassent tendrement sur la joue.

enregistré A l'église

Leur premier album autoproduit a été enregistré dans une église près de Manchester. Go Tell Fire to the Moutain ressemble à un gospel rock, puissant et abrasif, avec ses titres forgés dans les cordes des guitares et frappés à l'orgue.