« Bob Marley a placé la barre haut »

Recueilli par J.-S. Zanchi

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Le reggaeman invoirien, fervent supporter de Solidays, se produira ce soir.
Le reggaeman invoirien, fervent supporter de Solidays, se produira ce soir. — DR

Trente ans après la mort de Bob Marley, le reggae est-il selon vous toujours aussi créatif ?
Oui, le reggae n'a jamais été un phénomène de mode. Il doit sa longévité à sa spiritualité, mais aussi à son esprit combatif et festif. Bob Marley a été le chef de file à une époque et a placé la barre haut, mais la dimension pluriraciale du reggae lui a permis de perdurer.

Comment s'est passée la récente Nuit africaine au Stade de France ?
J'étais très heureux de participer à cet hommage que rendait la France à l'Afrique. C'était féerique, un honneur fait à notre continent.

Comment percevez-vous la crise

en Côte d'Ivoire ces derniers mois ?
Cette crise a été un désastre. On aurait pu économiser beaucoup de sang et de larmes. J'avais soutenu Laurent Gbagbo, mais il m'a déçu et trahi par son attitude antidémocratique. Grâce à l'ingérence positive et salvatrice de la France et de l'ONU, nous avons échappé à un génocide comme au Rwanda. Quand on perd les élections, on assume. J'aurais préféré entendre la voix des urnes, plutôt que celle des armes.

Solidays, cela vous tient à cœur ?
Bien sûr ! Il faut agir contre ce mal et si notre contribution aide à cela, on est évidemment prêt à le faire. C'est pour cela que c'est la seconde fois que je viens ici.

Venez-vous y jouer d'une manière différente ?
Pour nous, chaque concert est différent, mais nous avons le souci de toujours donner le meilleur. Si le public est là et répond présent, c'est très stimulant.
En festival, avez-vous un peu

de temps pour aller voir jouer d'autres groupes ?
Oui, cela peut arriver quand nous restons un peu de temps sur place. J'aime parfois aller me fondre dans la foule anonymement pour regarder quelques concerts. Cela me procure beaucoup de plaisir.

Tour du monde

Cette année, Solidays a mis sur pied une programmation world à la fois populaire et pointue. Derrière les locomotives reggae Alpha Blondy et Israel Vibration suivent d'autres artistes. Les DJ de Sistema Criolina proposeront samedi un set en provenance directe du Brésil, tandis que la découverte Annissa Bensalah jouera dimanche ses chansons aux confins du jazz, du trip-hop et de la samba. En tout, une quinzaine de groupes estampillés world investiront la scène.