la condition humaine

olivier mimran

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Anna, Vladimir et leurs enfants évacués après l'explosion nucléaire.
Anna, Vladimir et leurs enfants évacués après l'explosion nucléaire. — des ronds dans l'o

Un quart de siècle après l'explosion du réacteur numéro 4 de Tchernobyl, une BD espagnole propose un éclairage inédit – bien que fictionnel — sur les retombées de l'accident. Tchernobyl, la zone (éd. Des ronds dans l'O) traite en effet davantage, en s'attardant sur le destin d'une famille locale, des conséquences humaines que des répercussions environnementales de la catastrophe du 26 avril 1986.

Trois générations affectées
Ecrit par Francisco Sánchez et dessiné par Natacha Bustos, le récit déconstruit la chronologie des événements pour mieux nous permettre d'en mesurer la portée. On suit ainsi, tour à tour, trois générations d'une famille de Pripiat, située à 3 kilomètres de la centrale. D'abord Leonid et Galia, les anciens qui retournent vivre dans leur ferme malgré le taux élevé de radioactivité (50 rem pour une dose maximum tolérée de 0,1 rem). Puis leur fille Anna et son mari Vladimir, qui travaille à Tchernobyl et en est l'une des premières victimes. Et enfin Youri et Tatiana, les enfants de ces derniers, qui reviennent sur les lieux vingt ans après leur contamination. Poignante et terrifiante, cette BD invite, alors même que la centrale de Fukushima fume encore, à réfléchir au rapport bénéfice-risque du nucléaire.

enquête

La BD Tchernobyl mon amour(éd. Actes Sud, 2006), de Chantal Montellier, revenait également sur la tragédie à travers l'enquête d'une journaliste.