Pour Clisson, le «Hellfest», c'est le paradis

FESTIVAL Reportage à la sixième édition du «Hellfest»...

A Clisson, Guillaume Frouin

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Des specateurs au festival Hellfest de Clisson (44) le 18 juin 2011
Des specateurs au festival Hellfest de Clisson (44) le 18 juin 2011 — JS EVRARD/SIPA

Depuis vendredi, sous les averses, Clisson (Loire-Atlantique) vibre aux rythmes du Hellfest. Jusqu’à dimanche, plus de 70.000 spectateurs sont attendus à ce festival de « musiques extrêmes » (metal, hard rock…), dont Ozzy Osbourne, Iggy Pop and the Stooges et Scorpions se partagent cette année la tête d’affiche.

Mais les «métalleux» - de 68 nationalités différentes – n’auront pas que de la musique à se mettre sous la dent ce week-end. Un «Extrem Market», sorte de supermarché spécialisé, a vu le jour sous des chapiteaux près des scènes du Hellfest. On peut y acheter des CD et des sweat-shirts, sans surprise… mais aussi s’y faire tatouer et se faire poser un piercing par l’un des dix-huit professionnels présents.

«Cette année, j’ai décidé de bénir les spectateurs à la bière»

Parmi les organisateurs, Jérôme Pfeffer est responsable de cette section-là. Beaucoup de festivaliers le prennent en photo: ce jeune homme de 33 ans porte la soutane, ainsi qu’un chapelet autour du cou. «C’est un clin d’œil à tous ces intransigeants qui alimentent la polémique autour du Hellfest», sourit-il. «Du coup, cette année, j’ai décidé de bénir les spectateurs à la bière.»

Le festival est en effet décrié par une partie de la communauté catholique locale, offusquée des «propos christianophobes» de certains groupes. Une nouvelle «permanence de prières à l’attention de la jeunesse» se tient ainsi ce samedi soir, à l’église Notre-Dame de Clisson, pour «que notre jeunesse ne soit pas enténébrée par des influences mauvaises», explique le prêtre François-Xavier Henry.

«Le Hellfest, c’est du pain-béni»

Reste que tout le monde ne partage pas le même avis sur le Hellfest, qui engendre d’importantes retombées économiques pour le Vignoble nantais.

«Pour nous, le Hellfest, c’est du pain-béni», répète André Rautureau, président de l’office de tourisme local. «Tous nos hébergements sont pleins depuis quinze jours, et cela entraîne un commerce induit dans nos commerces et grandes surfaces.»
Surtout, le festival est «la meilleure des campagnes de pub» pour Clisson et sa région. «Cela nous permet de toucher une population jeune et internationale, qu’on ne toucherait pas autrement», ajoute-t-il. «Ce sont par ailleurs des gens d’une politesse remarquable, et d’une courtoisie que beaucoup d’autochtones pourraient leur envier…»