Bac: la philo se cache derrière la pop

LIVRE «Rock'n philo» joue le rapprochement...

Benjamin Chapon
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Pour Kurt Cobain comme pour Blaise Pascal, le moi est haïssable.
Pour Kurt Cobain comme pour Blaise Pascal, le moi est haïssable. — WEDDLE / SIPA - COLLECTION ABECASIS / SIPA

Le moi est haïssable. Qu'elle soit chantée par Kurt Cobain ou écrite par Blaise Pascal, la pensée philosophique est la même. Tout comme Nietzsche et Nina Hagen se rejoignent autour de l'idée que Dieu est mort. Et que Leibniz et les Rolling Stones partagent une même « Sympathy for the Devil », appelée aussi « principe de raison suffisante ».

Critique du larsen pur
Dans Rock'n'Philo (Ed. Bréal), Francis Métivier détaille les pensées philosophiques présentes dans les chansons rock et en décortique avec humour et précision la portée. Prof de philo en terminale, il n'a pas pensé à ces élèves qui passent aujourd'hui le bac philo – « je préfère qu'ils révisent mes cours » – mais plutôt à tous ceux qui, jeunes écervelés qu'ils étaient, n'ont pas été attentifs à leurs cours de terminale et le regrettent aujourd'hui.

« J'ai pris des exemples dans des vieux groupes légendaires et des trucs plus récents pour que ça parle à tout le monde. Aujourd'hui, beaucoup de gens veulent trouver un sens aux choses. Ils sont attirés par la philo mais n'ont pas le courage de se plonger dans La Critique de la raison pure de Kant. » On les comprend. Mais quand même… Comparer Eminem et Hegel (conscience de soi et d'autrui) ou Cœur de Pirate et Wittgenstein sur les liens entre pensée et langage, est-ce bien sérieux ? « Je considère le rock comme un langage artistique à part entière. Tous les rockeurs ne sont pas philosophes, mais leurs discours peuvent être pensés d'un point de vue philosophique. »