Tom Vek ravive le son

MUSIQUE L'Anglais sort un deuxième album après six ans d'éclipse...

Benjamin Chapon

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Tom Vek a mis six ans à trouver studio, gomina et opticien idéal.
Tom Vek a mis six ans à trouver studio, gomina et opticien idéal. — DR

Il a disparu pendant six ans. Alors bien sûr, pour 99,99 % de la population mondiale qui ignore son existence, cela n'avait qu'une importance relative. Pour les autres, Tom Vek est le génie qui avait précocement compris que l'avenir de la musique passe par le mélange entre funk, disco, punk, pop…

Crise d'oisiveté
Son premier album, We Have Sound, sorti en 2005, est le disque de chevet de toute une génération électro, de MGMT à Hot Chip. Six ans plus tard, il sort Leisure Seizure. « J'ai passé trois ans à trouver un studio dans Londres et ça m'a rendu dingue, se défend Tom Vek. Il fallait que je m'y sente parfaitement à l'aise et que ce soit bien insonorisé. C'est comme pour un tableau dans une galerie, l'endroit donne du sens à l'œuvre. » Le musicien a ensuite réuni synthés et logiciels. « Je suis un vrai geek. J'ai passé un temps fou à trouver mon assemblage de machines en évitant le piège des logiciels qui font la musique à ta place. »
Bien sûr, on aura tôt fait de considérer Tom Vek comme un sombre esthète paranoïaque.

Mais l'homme, charmant et résolument normal à la ville, livre avec Leisure Seizure un album idéal. Lyrique et distingué autant que follement déglingué. Il y place quelques clins d'œil à ses fans. Lesquels se sont amusés à lancer des rumeurs délirantes (enlèvement par la CIA ou des extraterrestres…) pendant son absence. « C'était moins drôle quand je ne savais plus moi-même où j'en étais, sourit (jaune) Tom Vek. J'ai une approche romantique du métier. Le mystère crée l'émotion. Moins on en sait sur moi, mieux se porte ma musique. »