Les Artic Monkeys ont pris la bonne vague

POP Les Anglais ont enregistré à «Suck It and See» en Californie...

Benjamin Chapon

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Le réchauffement climatique n'est pas pour leur déplaire. Pour leur quatrième album, Suck It and See, les Artic Monkeys ont quitté leur banquise anglaise adorée pour Los Angeles.

Longtemps, on a reproché au groupe la nonchalance facile de leur talent pop. Leur coriace troisième album, Humbug, enregistré dans le désert californien avec Josh Homme, leader hard rock des Queens of the Stone Age, laissait trop clairement deviner leur naïve volonté de sonner plus rock.

Trêve pacifique dans la guerre entre pop et rock

C'est finalement la douceur des embruns pacifiques qui aura permis aux Artic Monkeys de réchauffer efficacement leur pop. «C'est idiot, mais le soleil nous a fait un bien fou, raconte le leader du groupe, Alex Turner. On était détendus, on se marrait et tout roulait.» Le résultat de cette escapade musicale ensoleillée est un album riche en textures et expérimentations mélodiques.

L'alliance mythologique entre les deux grands courants contraires de la pop, californienne et anglaise, a été bien souvent fantasmée, mais rarement atteint depuis les Beatles. Cette pression de l'histoire, Alex Turner n'en a cure. «Il n'y a pas que l'océan qui a eu un impact, il y a aussi notre travail. Nous sommes des descendants d'ouvriers besogneux.»

Et s'il vit aujourd'hui à New York, Alex Turner affirme faire, encore et toujours, de la brit pop. «Le son de la basse est très anglais par exemple. Les Français ne font pas la différence, mais crois-moi, un bassiste ricain n'aura jamais ce son, austère et révolté.» Un son rock en somme.