Set et Match au service, Owlle au filet

Benjamin Chapon

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Service, volée. Les deux finalistes d'avril du concours des InRocKs Lab* illustrent à nouveau le jeu offensif dont sont capables les jeunes musiciens français.
Choisis par les internautes, le groupe montpelliérain Set et Match commence à se faire un nom dans le milieu du hip-hop français nouvelle génération grâce à une poignée de vidéos et un street album. « On utilise beaucoup Facebook pour diffuser nos morceaux, explique Bunk. Ça a un impact plus fort que quoi que ce soit d'autre. » Réputé pour leur capacité à plaquer des textes bien transgressifs sur des rythmes allant du mambo langoureux au rock énervé, le groupe bosse actuellement sur de nouveaux titres : « On travaille pas mal en collaboration avec d'autres artistes sur des choses plus rap. Le hip-hop français s'est auto-fatigué. La nouvelle génération arrive avec le désir de faire un rap plus lyrique et moins blasé. On revendique toujours, mais on revendique surtout nos vies. »

Machine avant, toute !
Owlle revendique aussi sa propre voix, qu'elle a fort jolie d'ailleurs. Parisienne depuis trois ans, elle a débarqué de la Côte d'Azur pour faire les Beaux-Arts. « Pour moi, l'aspect visuel d'un projet musical compte autant que la musique elle-même. » Sur scène, Owlle bidouille des mélodies pop lyriques et sophistiquées. « J'ai commencé en guitare-voix mais je suis passée très vite aux séquenceurs. » Sur scène, armée de ses machines, Owlle charme malgré son inexpérience. « J'ai envie de vraies installations sur scène dans le futur, je veux travailler mon comportement en concert. » Fascinée par la scène trip-hop des années 1990 et le Brian Eno expérimental, Owlle développe une démarche artistique audacieuse héritée de son goût pour les performances d'art contemporain. « Mais je veux que ma musique soit accessible. Tout ça est assez frais et est allé très vite. Je voudrais garder cette dynamique et commencer rapidement à travailler sur un album. »