pour bien se faire tester : « POrtal 2 »

Joël Métreau

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Dans le mode coopération de « Portal 2 », chaque joueur incarne un robot.
Dans le mode coopération de « Portal 2 », chaque joueur incarne un robot. — valve / EAvalve / electronic arts

L'expérience vidéoludique la plus originale du moment consiste à devenir un sujet de tests. Avec « Portal 2 », endosser le destin d'une souris de laboratoire a rarement été aussi palpitant. Des boutons, des cubes, des rayons laser, des liquides aux différentes propriétés physiques… Au milieu de ce coffre à jouets renversé de savant fou, le danger adopte la forme de tourelles-mitrailleuse bavardes, de fossés vertigineux ou de noyades fatales.

Davantage qu'un jeu de réflexion
Dans chaque salle, la sortie est visible mais comment y accéder ? Pour y parvenir, le joueur dispose des objets précités et d'une unique « arme » : un générateur de deux portails par lesquels matières et corps peuvent transiter. Dans ce jeu en vue subjective, il faut regarder, tâter, se tromper, parfois laisser reposer quand la solution paraît hors de portée. Et malgré les apparences, « Portal 2 » ne ressemble pas à une enfilade de casse-tête, mais à un jeu d'aventures dans un univers futuriste, relevé par l'effort de mise en scène du studio Valve.
Dans le mode solo, on incarne une humaine prisonnière d'un gigantesque centre de tests, interpellée par l'ironie cruelle et drôle de ses intelligences artificielles de geôliers : « Vous passez les tests plus vite que je ne peux les construire. N'hésitez pas à lever un peu le pied, à faire ce que vous voulez, sauf à détruire le centre… » Le mode coopératif, en ligne ou en écran partagé, additionne les cerveaux, chaque joueur incarnant un robot.
Par la simplicité du gameplay, la coriacité des énigmes et une réalisation très juste, on tient d'ores et déjà ici l'un des meilleurs jeux de l'année.