Un diable noir sort de sa boîte

MUSIQUE 20 Minutes a rencontré le parrain électro...

Joël Métreau

— 

Bernard Fevre, 64 ans, alias Black Devil Disco Club, sort son album Circus.
Bernard Fevre, 64 ans, alias Black Devil Disco Club, sort son album Circus. — Salvatore Caputo

Il était tapi au fond d'une boîte. Mais Aphex Twin et les Chemical Brothers ont ranimé Bernard Fevre (alias Black Devil Disco Club), en samplant des morceaux qu'il avait créés en 1978. « De la musique de synthé, sur un rythme dance, mais à l'époque, ce n'était pas bien vu de se servir de machines, raconte-t-il. Ma génération avait une culture rock'n'roll et valse musette, et tout à créer en matière de musique électronique. »

La reconnaissance des jeunes
Pressé à 3 000 exemplaires, le premier album connaît un bide. Bernard Fevre s'efface, peu avant l'apparition de la new wave qui consacre le synthé. Il travaille « dans la publicité pour bouffer », crée des jingles, découvre qu'un de ses morceaux figure sur une compil à côté d'une chanson de Sylvie Vartan… » et aujourd'hui, ça le fait rire. Car il a eu la reconnaissance de la jeune garde de l'électro-disco, Prins Thomas, Lindstrøm, Morgan Geist… « Eux me remercient de les avoir fait avancer. » Bernard Fèvre s'est remis à composer. Son dernier album, Circus, est imprégné d'un son disco lugubre et envoûtant, « aussi bizarre qu'un rêve, avec un côté vaudou », précise-t-il.


A cette messe noire ont été conviés des invités comme Nancy Sinatra – « un nom de légende, une fille bien typée années 60 que j'aurais pu épouser si j'avais été américain » –, Afrika Bambaataa, un des fondateurs du hip-hop, ou le groupe électro new-yorkais Yacht. Tous interprètes de ses délires. Il rigole : «En 1978, les voix étaient trafiqués pour cacher la médiocrité de mon anglais. Pour Circus, j'ai écrit plus de mots car que savais qu'ils allaient les interpréter correctement.»