The Pains s'en donne à cœur joie

Boris BaStide

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The Pains of Being Pure at Heart, quartet originaire de Brooklyn.
The Pains of Being Pure at Heart, quartet originaire de Brooklyn. — dr

Cœurs sensibles, surtout, ne pas s'abstenir. Car le rock des Américains de The Pains of Being Pure at Heart va comme un gant de soie aux esprits les plus romantiques. Avec leur deuxième album Belong, ils déjouent les peines de cœur avec fougue. Mais n'allez pas pour autant prendre le quartet de Brooklyn pour d'éternels nostalgiques des émois adolescents. « Nos chansons parlent de nous maintenant, raconte la claviériste Peggy Wang. On se sent toujours aussi déplacés et peu cool qu'à l'époque. » Il semblerait que le petit succès de leur premier album éponyme n'a pas boosté leur ego.

La valse des sentiments
« Pour cet album, on a juste cherché à mettre nos dix meilleures chansons, confie le chanteur Kip Berman. Pas plus. C'est tout ce que les gens sont prêts à endurer. » Ces dix morceaux concis et pleins de vitalité nous emmènent d'une séparation (l'ironique « Belong ») à la rencontre de deux êtres aussi étranges l'un que l'autre (le bien nommé « Strange »). Le tout au milieu de rêves étonnants, d'amitiés et de cœurs (toujours) à la peine. « Nos textes sont désormais moins explicites, raconte Kip Berman. On continue à parler de sentiments, mais de manière plus allusive. Ce n'est pas à nous de donner un sens à nos chansons. »
Dans tous les cas, The Pains of Being Pure at Heart n'est pas prêt à renoncer à l'énergie rock qui traverse sa musique. « Nous ne sommes pas un groupe que les gens écoutent dans leur salon en fumant de la marijuana, lâche Kip Berman. Et on ne veut pas qu'à nos concerts le public passe son temps à regarder sa montre. » Belong s'écoute aussi comme un remède contre l'ennui.