Doc Gyneco : « Les hommes aux fruits sont détestables »

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Doc Gyneco Chanteur. « L’Homme nature » du titre, c’est vous ? Je suis une personne qui ne calcule pas, je suis très nul en calcul. J’aime penser que je n’ai pas de prise avec le destin. Je n’ai ni emploi du temps, ni montre. Ça aurait pu s’appeler « Un homme tout court ». La vraie question, c’est pourquoi nature ? Il y a les yaourts aux fruits et les yaourts nature. Il y a les hommes aux fruits, détestables, et moi, qui suis nature. C’est quoi des hommes aux fruits ? Un type comme 50 Cent par exemple. Il a des Ferrari, des putes, des liasses de billets, des armes... Par contre, un homme qui a beaucoup d’enfants, qui doit les nourrir, qui ne peut pas tous les mettre à l’école ; ça, c’est un homme qui me touche, un « vrai » homme. Pour faire accepter cette idée à ceux qui pensent qu’être un homme, c’est avoir la plus grosse voiture, il va y avoir du taf... Etre nature, c’est enregistrer un des deux CD à la Chapelle par exemple ? Moi qui ai connu et enregistré dans de beaux studios en Angleterre, je me rends bien compte qu’ici, on ne peut pas appeler ça un studio. Je suis venu parce que j’ai habité là. C’est un quartier artistique, abstrait. Quand on me demande quelle est ma relation avec la banlieue, je dis que je n’en ai pas. J’ai des rapports avec la pauvreté simplement. On peut s’inventer une criminalité, une « street réalité ». Mais on est juste là où nos parents ont trouvé à se loger. Il n’y a pas d’esprit de rue, juste des gens pauvres qui vivent au même endroit, en harmonie Vous parlez des hommes... Et les femmes, vous avez quelle image d’elles aujourd’hui ? Elles souffrent de leur condition comme un pauvre ou quelqu’un de couleur. J’ai gardé de mon enfance un énorme respect pour les mères et les femmes profs. J’ai moins respecté mes petites amies, parce qu’on s’amusait à s’aimer et à se détester. Mais en général, oui, les femmes m’inspirent. Recueilli par Adeline Lajoinie

généreux Deux albums au prix d’un : Un homme nature est un disque assez pop, joyeux, avec des incursions de rock ou de funk. Le Doc enregistre au quartier, est plus dépouillé, direct, parfois reggae, avec des titres controversés comme Josette, attaque frontale visant Joey Starr. Le tout est plein d’humour et oscille entre rap et variété.