Avishaï Cohen, jazz aux mille ports d'attache

Benjamin Chapon

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Après deux ans d'une tournée mondiale, Avishaï Cohen a intitulé son douzième album Seven Seas.
Après deux ans d'une tournée mondiale, Avishaï Cohen a intitulé son douzième album Seven Seas. — L. REYBOZ

Il fait du jazz et il remplit sans peine, ce soir, l'Olympia*. Avishaï Cohen n'est pourtant ni pianiste virtuose, ni saxophoniste dément. Son instrument : la contrebasse. « Je ne sais toujours pas, aujourd'hui, ce qui m'a poussé vers cet instrument. J'aime l'enlacer, le sentir vibrer contre moi. »

Migrants du monde entier
Avishaï Cohen compose une musique qui brasse les courants prétendument contraires du jazz. Seven Seas, son douzième album, navigue ainsi en eaux calmes aussi bien qu'en tempêtes sonores. « Je suis très inspiré par les phénomènes naturels, raconte le contrebassiste. J'ai des souvenirs très nets des sensations que j'éprouvais, enfant, quand je me baladais dans la campagne, à cheval, et que j'observais les arbres ou le soleil. Heureusement que j'ai cette mémoire sensorielle parce qu'aujourd'hui, entre les hôtels internationaux et les immeubles de Tel Aviv, je ne vois plus la nature. »
Artiste Blue Note depuis deux albums, l'Israélien avait débuté en lançant son propre label. « Aujourd'hui, il me sert à mettre en avant des artistes qui, comme moi à mes débuts, ne séduisent pas les maisons de disques. » Il produit notamment des artistes israéliens. « Tel Aviv est la ville idéale pour la musique parce que s'y croisent des choses très modernes et les musiques apportées par les migrants juifs du monde entier pendant cinquante ans. » Lui-même chante (oui, il chante aussi un peu) le ladino, langue des rabbins espagnols enseignée par sa mère, et mêle flamenco, pop et chants grecs ou turcs traditionnels.