Dans la chaleur du festival Ultra de Miami

CULTURE Le plus gros événement electro nord-américain a rassemblé près de 200.000 personnes le week-end dernier...

Philippe Berry, à Miami

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Le week-end dernier, 200 000 raveurs ont enflammé Miami.
Le week-end dernier, 200 000 raveurs ont enflammé Miami. — OTERO ANDRES / SIPA

De notre correspondant à Los Angeles

Leurs corps flottent dans l'eau turquoise de South Beach. Mike, Gustav, Trish et Lilly (1) rejoignent la plage, quatre zombies à la peau brûlée par le soleil de Floride, les pupilles encore dilatées après un trip de 72 heures. Ils enfilent tous un tee-shirt « I survived Ultra », le plus gros festival techno nord-américain, quelque part entre la Love Parade de Berlin et le carnaval de Rio, qui réunit 200 000 raveurs chaque année.

Sex, drugs & techno

Vendredi, certains sont venus pour la trance « mainstream » de Tiësto. D'autres, connaisseurs, attendent Pendulum. Gustav fait une escale aux toilettes et revient en reniflant. Trish, elle, s'envoie plusieurs vodka-Red Bull. La soirée se termine dans la tente dubstep.

Le lendemain, Avicii, Afrojack et Kaskade triomphent sur la scène principale. Le soleil se couche sur les buildings de Downtown Miami, tandis que Moby surprend avec un set qui envoie. Empire of the Sun maraboute l'assemblée avec un show barré tout droit sorti d'un clip de Lady Gaga. Mais la foule n'a d'yeux que pour les grandes oreilles de Deadmau5. La nuit, moite, ne fait que commencer.

This is the end of the world (as we know it)

Scène de fin du monde. Deux SUV se sont encastrés. Un peu plus loin, une autre voiture brûle. La police bloque l'intersection. Tout le monde réussit finalement à entrer dans le club Space, ouvert de minuit à 14 h.

« Est-ce que c'est normal que mon cœur batte plus vite que les BPM de la musique ? », s'inquiète Mike.Six heures du matin. Les basses ronflent. Le sol tremble. Une danseuse enlève son bikini pour révéler des seins aussi faux que les Vuitton vendus à Barbès.

Une fille embrasse une fille. Un garçon embrasse un garçon. Deux « spring-breakers » lèchent les dernières gouttes de tequila sur le ventre plat et bronzée d'une pop-pop girl. Personne ne prête vraiment attention. Le soleil se lève. Les corps sont fatigués, mais veulent encore danser. Pour le dernier soir, le groupe se traîne malgré tout au Bicentennial Park pour les Chemical Brothers et David Guetta. Dormir ? « Quand on sera morts », conclut Lilly.

(1) Les prénoms ont été changés