Un thriller pour écorchés vifs

LIVRE «Les Ecorchés» est un polar décapant sur fond de trafic d'organes...

Karine Papillaud

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Les Ecorchés est le premier roman de la criminologue Véronique Chalmet.
Les Ecorchés est le premier roman de la criminologue Véronique Chalmet. — A. FEVRIER / FLAMMARION

Elle n'a peur de rien, Véronique Chalmet : pour son premier thriller, Les Ecorchés (Flammarion), cette spécialiste en criminologie a choisi de mettre en scène le trafic humain mêlé d'art contemporain, sur fond d'économie des pays émergents. Pour un coup d'essai, c'est un coup réussi, avec une intrigue efficace et des personnages solides.

Le livre raconte comment des prisonniers chinois et des Aborigènes brésiliens se volatilisent sans explication, tandis que des expositions d'humains écorchés font flamber la cote de leur mystérieux créateur. Deux grands reporters, le Sino-Américain Darwin Lee et la Française Rebecca Volconte, ne tardent pas à faire le lien entre les deux phénomènes.
Leur enquête les conduit vers un richissime et ténébreux créateur, gourou sur les bords, nommé Farkas. Sa démarche artistique n'est pas fantaisiste : elle s'inspire de celle de Fragonard, dont l'école vétérinaire de Maisons-Alfort expose les célèbres Ecorchés, des corps humains dont on a arraché la peau et embaumé les organes, et qui posent en situation, comme le célèbre cavalier, galopant dans le vide sur un cheval écorché.

Des codes respectés
Du Brésil en Chine, jusqu'en Amérique du Nord, les deux journalistes remontent des réseaux de trafic d'organes. Le propos de l'auteur pourrait être politique tant elle semble renseignée sur le contexte géopolitique chinois.

Mais son talent principal est de savoir dessiner une figure de psychopathe tangible dans une intrigue sans pause, qui se tisse d‘un continent à l'autre sans jamais perdre son fil. Au final, Les Ecorchés tient bien ses promesses. Une auteur est née et ça pourrait faire mal. Très mal !