Salon du livre: Cap vers les littératures du nord

CULTURE C'est le moment d'oublier toutes nos idées reçues sur les écrivains scandinaves...

Karine Papillaud

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La Finlandaise Sofi Oksanen, Prix Femina étranger 2010 avec son roman Purge.
La Finlandaise Sofi Oksanen, Prix Femina étranger 2010 avec son roman Purge. — T. HARKONEN

La littérature scandinave ? Bof, on préfère les bons gros romans anglo-saxons. Dommage d'être flemmard ! L'air du Nord est la nouvelle conquête des amoureux du livre (voir notre google map du salon et de ses vedettes nordiques en cliquant ici). Ses auteurs osent tout, avec succès. Quatre idées reçues à soigneusement balayer.

Les histoires sont tristes et les personnages déprimants.
Oui, le philosophe mélancolique Kierkegaard était danois, le suédois Stig Dagerman s'est suicidé à 31 ans, mais le Finlandais Arto Paasilinna, auteur du désopilant Lièvre de Vatanen, est finlandais. Et les romans de la Suédoise Katarina Mazetti (Caveau de famille (Gaïa) sont pleins d'humour vivace.

Littérature danoise, islandaise, norvégienne, finlandaise, suédoise… c'est pareil.
Elles se réclament d'une identité nordique, mais revendiquent des univers propres. « Il y a des différences fondamentales, souligne Hege Roel-Rousson, responsable du domaine scandinave chez Actes Sud. Leur point commun est d'être très marquées par la tradition orale, l'art de raconter les histoires. »

C'est de la littérature pour intellos parisiens.
Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder, écrit en 1991, a été traduit en 59 langues. Le Norvégien Per Petterson est traduit en 47 langues, le Danois Jens Christian Grondahl en 25. Conscients de la richesse de ces contrées du froid, les éditeurs français s'y mettent : Actes Sud, un pionnier, mais aussi Stock, Gallimard, le Serpent à plumes, le Seuil ou Gaïa.