Hervé Vilard, parfum d’enfance

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Hervé Vilard publie un livre personnel, émouvant et réussi sur son enfance, L’Ame seule (Fayard). Pas une énième bio de star : « Je ne voulais pas faire un livre de chanteur, mais un livre qui symbolise une époque. » Celle de l’après-guerre, où l’Assistance publique convainc les filles-mères d’abandonner leurs enfants pour repeupler les campagnes. Hervé, qui s’appelle encore René, est de ceux-là, matricule Villard 764. Les familles défilent, l’enfant traverse les époques et les milieux sociaux. Personne ne peut se permettre de s’attacher à lui, cette phrase hante encore le chanteur aujourd’hui. « Je ne voulais pas faire non plus un livre larmoyant sur l’éternelle histoire de l’orphelin ! » Amoureux de littérature mais sans concession avec lui-même, il a décidé d’écrire ce livre avec l’aide du journaliste Jean-François Kervéan. « Je ne me prends pas pour un écrivain, mais je voulais faire les choses bien : le livre est dédié à Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin, qui m’a adopté à l’adolescence et que je n’aurais pas voulu décevoir. » « Pour réussir ce genre de livre, prévient Elisabeth Samama, son éditrice, il faut avoir un vécu, une capacité d’analyse et pas seulement envie de retracer la genèse de sa carrière. » Karine Papillaud