Wolfgang Amadeus en mode majeur

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Tous les programmes de concerts en témoignent, c’est l’année Mozart. Mais pour ce 250e anniversaire de la naissance du musicien, on trouve aussi l’Agenda Mozart 2006, qui « vous plongera, au fil des jours, dans le récit de la vie mouvementée de ce génie ». Quant à Salzbourg (Autriche), ville de naissance du génie, elle organise un marathon Mozart, soit les vintg-deux opéras du génie interprétés en une seule saison. Pourtant, Mozart a détesté Salzbourg, dont il s’est littéralement évadé pour échapper à l’archevêque Colloredo autant qu’à son père Léopold. Et la fameuse vie palpitante du musicien n’a rien eu de particulièrement formidable : ses voyages n’ont été que ceux de tous les compositeurs du xviiie siècle, et ses amours beaucoup moins nombreuses que celles qu’on veut bien lui prêter. Cette année de commémoration présente donc les caractéristiques déplaisantes de ce genre de célébration : clichés et mercantilisme. Le phénomène Mozart existe pourtant : 626 oeuvres répertoriées, soit près de 21 compositions par an pendant trente ans... Une tous les quinze jours environ. Le tout à partir de 1761, année de ses 6 ans, durant laquelle il compose une série de six petites pièces pour clavecin. Pour tenir ce rythme, Mozart devait élaborer, pendant qu’il composait l’oeuvre du moment, la suivante... Jamais révolutionnaire, Mozart a tiré le meilleur de chaque genre qu’il abordait, des symphonies (on en compte cinquante-et-une) aux opéras. Une fécondité unique, mais sans doute moins vendeuse que la légende de son assassinat ou sa scatologie, vraie, mais particulièrement dans l’air de l’époque et moins scandaleuse qu’au xxie siècle. Grâce à ses éditions et ses nombreuses manifestations, cet anniversaire est donc l’occasion de découvrir ce qui fait vraiment le génie de Mozart, à commencer par la synthèse entre musique allemande, italienne et française, qui en font, sans excès, un des premiers vrais Européens. Philippe Verrièle