La France pas encore saoulée de la soul

TENDANCE La musique soul a toujours autant de succès chez nous et attire de jeunes artistes...

Benjamin Chapon

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La chanteuse Ayo chez elle à Paris le 8 mars 2011
La chanteuse Ayo chez elle à Paris le 8 mars 2011 — 20minutes.fr

Depuis cinq ans et le succès international d’Amy Winehouse, la soul a été très à la mode puis à nouveau très ringarde. Sauf en France où le genre est régulièrement revisité. Tentative de définition de la soul avec quatre artistes.

Ayo, la soul sincère
«La soul, ce n’est pas un genre, c’est la sincérité, la vérité. C’est une musique qui vous touche, qui vous bouge à l’intérieur.» En trois ans, Ayo a frôlé la mort, connu une dépression, failli arrêter sa carrière, puis accouché de son deuxième enfant, Billie Eve, qui donne son nom à son nouvel album. «En ce moment, je cherche la paix, donc mes chansons sont calmes. Mais à l’avenir, je pourrais aller vers plus de groove. Si c’est sincère, ce sera toujours de la soul.»

 

Sly Johnson, la soul courage
«Je me suis longtemps interdit de chanter cette musique que j’ai entendu toute mon enfance, raconte l’ex-human beatbox du Saïan Supa Crew. La soul, pour moi, c’est une histoire de courage, celui d’affirmer ce que l’on est.» Actuellement en tournée avec son premier album solo, 74, Sly Johnson voit la soul comme «la musique qui mêle au mieux violence et douceur.»

Raphael Saadiq, la soul mystique
C’est en France qu’il a le plus de succès. «Le public d’ici est idéal pour la soul: il aime aussi bien danser qu’écouter les passages doux.» Dans son nouvel album, Stone Rollin’, l’Américain chante une soul vintage. «Cette musique est une religion. Je ne veux pas dire qu’il faut être croyant pour l’apprécier. Mais comme la foi, la soul rassemble les gens.»

Selah Sue, la soul mêlée
Pour son premier album éponyme, la chanteuse Belge entrelace ragga, hip-hop… «Je mets dans ma musique tout ce que j’ai dans mon iPod. Pour moi, c’est ça la soul: le mélange. Et des émotions fortes. Je ne pourrais pas chanter des anecdotes banales.»