Dans la famille Verne, Jean se consacre à Jules

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Ouf! En 2006, l’année Jules Verne s’achève. Jean va enfin pouvoir se reposer. L’arrière- petit- fils de l’écrivain a repris le flambeau de son père, aujourd’hui décédé, et passe la majorité de son temps libre à vadrouiller de conférences en expositions… Pourtant, la célébrité de Jules, Jean la porte plutôt comme un fardeau ces derniers temps. « Je voulais rendre mon tablier fin décembre, mais je ne sais pas dire non. » Il faut dire que le petit Jean n’a pas connu le grand Jules. Mais il en a entendu parler. Beaucoup. C’est même grâce à lui qu’il a découvert Nantes. Fils unique, l’enfant suivait ses parents lors de week- ends dédiés à l’écrivain. « Ça n’était pas drôle… Lors d’un salon du livre, on m’a interviewé sur ses ouvrages. Mais je ne connaissais rien! Le journaliste s’est vexé. » Bercé dans cet univers, Jean se fait vite une idée sur son aïeul. « C’était un travailleur, très dur avec ses enfants » . Ado, il refuse de lire ses œuvres, sauf quand ça l’arrange : « En rédaction, je recopiais parfois des passages de vieux manuscrits qui traînaient à la maison. Bien sûr, j’ajoutais des erreurs, exprès. J’avais de bonnes notes. » La réconciliation avec l’aïeul a lieu plus tard. « J’ai attendu mes 25 ans pour lire un livre de lui! Je partais en Italie, il me fallait de la lecture… Après, j’ai tout lu, j’ai rattrapé mon retard pour être au point lors des conférences! » Le jeune homme trace lentemen t sa route. « Ce fut une période difficile pour me construire. Les gens ne me voyaient que par rapport à Jules Verne. » Etudes de droit, d’histoire, Il trouve finalement sa voie dans la musique. Pendant cinq ans, en Italie, JeanVerne est chanteur d’opéra. A 42 ans, il travaille désormais à l a Direction régionale des affaires culturelles ( Drac), à Rennes. Car « o n ne vit pas sur l’héritage de Jules Verne » . En février, il a même offert à la ville de Nantes tout ce qu’il possédait de son aïeul. En toute modestie, Jean Verne continue de parcourir les routes de France et de Navarre pour un arrière- grand- père que, finalement, il aurait bien aimé connaître. A Nantes, Anne Judic Photos : Jean- Sébastien Evrard