Un mois après son lancement, l'Année du Mexique en France est définitivement annulée

CULTURE L'affaire Florence Cassez a divisé les deux pays...

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Les parents de Florence Cassez, Bernard et Charlotte Cassez  entourent Nicolas Sarkozy, et Michèle Alliot-Marie, à l'Elysée le 14 février 2011.
Les parents de Florence Cassez, Bernard et Charlotte Cassez entourent Nicolas Sarkozy, et Michèle Alliot-Marie, à l'Elysée le 14 février 2011. — P. WOJAZER / REUTERS

Rideau sur l'Année du Mexique. Après trois semaines d'hésitations, la France a constaté mardi «l'impossibilité de la mettre en oeuvre», Mexico ayant confirmé qu'il se retirait de l'opération puisque Paris continuait à vouloir la dédier à Florence Cassez.

Le Quai d'Orsay a constaté «avec regret» que des consultations menées ces derniers jours entre fonctionnaires mexicains et français pour examiner les conditions d'une reprise de l'Année du Mexique n'avaient «pas abouti».

Un grand nombre de manifestations déprogrammées

Le gouvernement mexicain a réaffirmé ce week-end que «les conditions n'existent pas» pour sa participation à l'Année du Mexique en France en raison du lien maintenu par le gouvernement français avec l'affaire Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison pour enlèvements. De ce fait, la France a conclu à «l'impossibilité de mettre en oeuvre» l'Année du Mexique, a déclaré mardi dans un communiqué l'Institut français, organisateur de la manifestation pour le ministère des Affaires étrangères.

«Face à cette situation, les commissaires mexicains et français se rencontreront la semaine prochaine à Paris pour prendre les mesures administratives et financières imposées par une telle situation», indique le communiqué. «Le retrait de la partie mexicaine a conduit à déprogrammer un grand nombre de manifestations, dans la mesure où c’est au pays invité que revient (...) d’assurer et de prendre en charge le transport des oeuvres et des personnes», souligne le communiqué.

350 manifestations prévues

Le Mexique devait participer financièrement à hauteur de 23 millions d'euros environ, selon une source proche du dossier. L’Institut français «mettra tout en oeuvre pour accompagner au cas par cas les structures organisatrices et les aider à gérer au mieux le démontage, les annulations et, lorsque ce sera possible, le report et la reprogrammation» des manifestations.

Lancée dans la discrétion début février, l'Année du Mexique prévoyait 350 manifestations dans les domaines culturels, économiques, éducatifs et touristiques. Elle était devenue un point de cristallisation des tensions entre Paris et Mexico avec la confirmation jeudi 10 février de la peine de Florence Cassez alors qu'elle clame son innocence depuis 2005. Après avoir reçu les parents de la détenue, Nicolas Sarkozy avait décidé le 14 février de «dédier» l'Année du Mexique à Florence Cassez.

Chaque officiel devait parler de Florence Cassez

Chaque officiel qui prendra la parole au cours de ces manifestations devra «commencer par parler de Florence Cassez, de sa situation, afin qu'on ne l'oublie pas», avait dit Nicolas Sarkozy, précisant qu'il présiderait lui-même «la première manifestation d'ampleur franco-mexicaine». S'estimant offensé, le gouvernement mexicain avait annoncé le jour même son retrait de l'organisation de l'année du Mexique tant que les autorités françaises n'auraient pas cessé de la lier à l'affaire Cassez.

Depuis, plusieurs institutions culturelles françaises avaient dû renoncer in extremis à des expositions artistiques, les oeuvres étant retenues au Mexique. La Pinacothèque de Paris a annulé l'exposition sur «Les Masques de Jade Maya». Bordeaux a fait de même pour une exposition sur le peintre Diego Rivera. A Toulouse, le festival Rio Loco (15 au 19 juin) consacré cette année au Mexique a été annulé. Plusieurs personnalités du monde de la culture avaient dénoncé un «gâchis» et demandé à Nicolas Sarkozy de revenir sur sa décision de dédier l’Année du Mexique à Florence Cassez.