«Mon album est l’anti-Bridget Jones»

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Interprète. Votre nouvel album s’intitule Dites au prince charmant. Le prince charmant, vous y croyez-vous encore ? Le prince charmant, c’est une connerie, mais pas l’amour. Mon album est l’anti-Bridget Jones, car c’est celui d’une femme de 40 ans qui dit : « Voilà les filles, vous pouvez vivre seules et quand vous serez vraiment à l’aise dans vos baskets et bien vous trouverez quelqu’un. » Ce disque fait la part entre le rêve et l’illusion. A quelles illusions pensez-vous ? A celles qu’on vend à toutes les filles : la romance, le coup de foudre... Alors qu’en réalité l’amour c’est d’abord un choix. Votre album est très minimaliste. A l’opposé de la pop kitsch de Banana Split, il y a vingt-cinq ans. Pourquoi ? Il y a un temps pour tout. Quand on réécoute mes albums, on s’aperçoit qu’il y a plus de spleen que de chansons guillerettes. Mon succès à 16 ans m’a réduite à une minijupe et une banane dans les cheveux, mais Lio ça a toujours été énormément de spleen. Vous chantez : « J’en fais des tonnes, mais à la légère ». Est-ce une définition de votre caractère ? Oui, si demain je dois remonter les marches du Festival de Cannes, je porterais une robe bien rigolote plutôt qu’une super chic. Une fois j’ai dîné chez Jack Lang en chemise de nuit. C’est mon côté clown et iconoclaste. Le mot « artiste » est-il galvaudé aujourd’hui ? Oui. Les artistes sont devenus des produits et la « Star Academy » n’est pas étrangère à cela. Sauf Olivia Ruiz : encore une brune qui ne compte pas pour des prunes ! Propos recueillis par Ingrid Pohu

disque Pour Dites au prince charmant, Lio s’est entourée de son auteur fétiche, celui de ses débuts, Jacques Duvall, ainsi que du talentueux Doriand. La rebelle au bois dormant se livre en employant dans ses chansons un « je » pudique et touchant. Le tout sur des musiques éthérées qui confinent au rêve.