Mort d'Annie Girardot: «Sa maladie a été cachée le plus longtemps possible aux professionnels» du cinéma

CINEMA La comédienne, star populaire aux 217 films, est décédée lundi à l'âge de 79 ans...

Stéphane Leblanc

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Lancée par Rocco et ses frères (à dr.) en 1960, Annie Girardot a tourné dans de nombreux succès et gagné trois césar, dont un pour La Pianiste en 2002 (à g.)
Lancée par Rocco et ses frères (à dr.) en 1960, Annie Girardot a tourné dans de nombreux succès et gagné trois césar, dont un pour La Pianiste en 2002 (à g.) — Photos : NIVIERE / VILLARD / SIPA et NANA PRODUCTIONS / SIPA

«C'était une des rares grandes stars populaires du cinéma français», nous confiait lundi le producteur Alain Terzian en apprenant le décès d'Annie Girardot. L'actrice, née en 1931, s'est éteinte lundi à Paris. «Paisiblement», selon sa fille. On savait depuis 2006 qu'Annie Girardot était atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Le journaliste Nicolas Baulieu, ami de longue date et auteur du documentaire Ainsi va la vie (2007) –bouleversante plongée dans l'intimité de l'actrice dans ses dernières années, qui sera rediffusé mardi soir à 22 h 55 sur TF1–, garde l'image de «quelqu'un de simple et d'accessible, qui ne se prenait pas pour une star, malgré sa notoriété ­phénoménale».

Si elle donnait dans certains de ses films l'image d'une femme énergique et déterminée, Annie Girardot a connu de nombreux déboires dans sa vie. Son père meurt quand elle n'a que 2 ans. Son mari, le comédien italien Renato Salvatori, la bat. «Elle n'a jamais eu de chance avec les hommes», confirme Nicolas Baulieu.

Une présence en pointillé

«A force, son métier est devenu toute sa vie, reprend le journaliste. Et c'est pourquoi sa maladie a été cachée le plus longtemps possible aux professionnels, qui se seraient détournés d'elle.» Mais on se doutait qu'elle n'allait pas bien.

Le réalisateur Jacques-Rémy Girerd dirige en 2000 Annie Girardot pour enregistrer l'une des voix de son premier long métrage d'animation, La Prophétie des gre­nouilles. «J'étais frappé par sa présence en pointillé. Elle alternait les moments où elle était l'immense Annie Girardot qu'on connaît et d'autres où on aurait cru une petite fille un peu perdue, qui s'accrochait à mon bras en demandant: “Il est passé où, le réalisateur?”»

Peu de temps après, Annie Girardot se faisait souffler ses textes dans des oreillettes pour continuer à jouer. «Quand j'ai terminé mon documentaire, en 2007, j'ai bien vu que j'avais affaire à quelqu'un qui ne connaissait même plus son nom», regrette Nicolas Baulieu.