dans l'abîme de la perte d'un fils

karine Papillaud

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Le romancier, âgé de 38 ans.
Le romancier, âgé de 38 ans. — BALTEL / SIPA

Casse-gueule, osé, insupportable et bouleversant : le nouveau roman de Nicolas Fargues, Tu ver­ras (POL), prend pour sujet le pire cauchemar de tous les parents, à savoir la perte d'un enfant.
Le héros est un jeune père d'à peine 40 ans, divorcé, dont le fils de 12 ans meurt dans un accident du métro parisien. Ici, pas de pathos ni de ressassement. Nicolas Fargues ne singe pas la douleur de ceux qui vivent cette tragédie. Il met en perspective la vie d'un homme qui ne trouve pas le mot dans la langue française pour définir son nouvel état, celui d'un père veuf de son enfant.

Une élégance simple
La société que le narrateur regarde n'est déjà plus la sienne. Les codes étaient ceux de son fils : Facebook, les smartphones et les relations tribales des jeunes en quête de conformité identitaire. Autant de sujets qu'il n'est plus capable de comprendre.
L'avantage d'avoir découvert Nicolas Fargues à ses débuts en 2000 avec Le Tour du propriétaire, c'est qu'on a vieilli en même temps que lui. On a vu son style s'approfondir dans une élégance simple qui ressemble à l'auteur et qui aboutit ici en un roman magnifique.