Gainsbourg, on l'aime nous non plus

CELEBRATION «20 Minutes» se frotte au culte du chanteur à l'occasion des vingt ans de sa mort...

Benjamin Chapon

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Entre 1968 et 1981, Serge Gainsbourg est passé d'auteur génial et inventif à légende vivante, paumée, provoc' et mal rasée.
Entre 1968 et 1981, Serge Gainsbourg est passé d'auteur génial et inventif à légende vivante, paumée, provoc' et mal rasée. — photos : DALMAS / SIPA et FAUX / SIPA

Depuis sa mort, il y a tout juste vingt ans demain, on lui donne du «Grand Serge». Si le panégyrique de Gainsbourg vous agace, voici des billes pour rabrouer les fans du poète provocateur, et le contre-argument qui va bien.

Il a pillé Vian et Chopin
«Sur scène, il était statique et minimaliste, raconte une de ses fans, Françoise Canetti, la fille du directeur artistique du Gains­bourg des débuts. Il a emprunté ce petit mouvement de main caractéristique de Boris Vian.» Toute sa carrière, Serge a pompé le répertoire classique, notamment Chopin.
Oui, mais: En mariant, grande musique, poésie et pop anglo-saxonne, il a inventé, à son corps défendant, la grande chanson française.

Il a tué le reggae
En 1979, persuadé de créer une mode alors qu'il la suivait, il enregistre Aux armes et caetera en Jamaïque. Le scandale et, par conséquent, le succès de la Marseillaise version reggae font oublier une production de très mauvaise qualité. Pendant des années, les Français penseront que c'est ça le reggae…
Oui, mais: Il a permis aux musiques du monde de rencontrer le grand public en sortant plusieurs tubes aux arrangements afro-cubains.

Il chantait comme une patate
«Gainsbourg a eu la chance d'avoir de grands interprètes, raconte Françoise Canetti. Avoir ses textes chantés par Juliette Gréco, ça aide.» De là à dire qu'il était un piètre chanteur, il n'y a qu'un pas franchissable à l'écoute de Love on the Beat.
Oui, mais: Il a inventé un style parler-chanter qui a permis à d'autres d'interpréter leur texte sans peur du ridicule.

C'était un pervers pépère
Aux antipodes du dandy des débuts, Gainsbourg a ensuite viré vieux misogyne imbibé allant insulter les demoiselles sur les plateaux télé pour faire sa promo.
Oui, mais: On rigole encore devant ces séquences d'anthologie, surtout à l'heure où la télé est si lisse et pudibonde.