Année du Mexique suspendue: quelles conséquences pour la culture?

CULTURE De nombreuses expositions étaient prévues...

Charlotte Pudlowski

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La Columna rota (La Colonne brisée), 1944, au Museo Dolores Olmedo au Mexique, de Frida Kahlo
La Columna rota (La Colonne brisée), 1944, au Museo Dolores Olmedo au Mexique, de Frida Kahlo — © Collection Dolores Olmedo, Mexico

350 manifestations culturelles prévues, planifiées de longue date et … patatras. La brouille diplomatique entre les autorités mexicaines et françaises autour du cas Florence Cassez inquiète les établissements culturels.

Assurer les expositions

Au musée d’Orsay par exemple, deux expositions se montent en lien avec l’année du Mexique. L’une est au musée d’Orsay même, «elle présente soixante-dix chefs d’œuvres de l’art mexicain du milieu du XIXe siècle», précise le musée à 20minutes.fr, «l’autre est à l’Orangerie, qui dépend du musée, sur Frida Kahlo et Diego Rivera».

«Ces expositions avaient été programmées avant même que l’année du Mexique ne soit prévue, explique le musée d’Orsay, mais on nous a ensuite proposé de nous y greffer, ce qui semblait naturel. Et l’Année du Mexique finance donc le transport et l’assurance, ce qui est le plus gros budget dans une exposition». A l’heure qu’il est, le musée ne sait donc pas encore ce qu’il adviendra de ces expositions prévues depuis un peu plus de trois ans, et si elles pourront être financées.

La culture «en otage»

Nombreux établissements se retrouvent ainsi pris en étau dans l’affaire Cassez. La Pinacothèque, elle aussi liée à l’année du Mexique, est censée commencer une exposition de masque mayas dès le 1er mars. Le Petit Palais ou le Quai Branly, se tiennent sur une réserve inquiète, refusent de commenter.

Avant même la suspension sur la tenue de cette année officielle, dès la condamnation définitive de Florence Cassez la semaine dernière, la première secrétaire du Parti Socialiste, Martine Aubry, avait appelé les collectivités locales socialistes à boycotter l'année du Mexique en France. Dans sa ville, Lille, elle a suspendu ce week-end une exposition d'estampes mexicaines qui rentrait dans le cadre de la manifestation culturelle. Mardi soir, l'adjointe à la culture de la ville, Catherine Cullen, a annoncé que «l'exposition réouvrirait dans les deux jours», mais «sans le label» Année du Mexique.

Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, estimait mardi sur France Info que l'annonce par le gouvernement mexicain de son retrait de l'Année du Mexique en France était «une façon de prendre en otage la culture».