« J'aime l'idée de faire sans avoir appris »

Stéphane Leblanc

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Le cinéaste dans la cuisine de son atelier de films amateurs.
Le cinéaste dans la cuisine de son atelier de films amateurs. — S.ORTOLA / 20 MINUTES

Le cinéaste Michel Gondry installe aujourd'hui son usine de films amateurs au Centre Pompidou, studio de cinéma ouvert au public.

En quoi vont consister

vos ateliers ?
Chaque atelier dure trois heures et réunit 20 personnes. Celui qui parle le plus fort sera cadreur. On décide du genre, trouve un titre, une histoire à transformer en scènes. Ne reste plus qu'à les tourner dans l'ordre pour éviter le montage. Mon fils tourne comme ça avec ses copains, et c'est souvent drôle. On n'attend pas un résultat professionnel et les erreurs sont amusantes à regarder.
Ce sont des décors bien réels qu'on offre, plus que des effets spéciaux. Une multitude d'intérieurs et d'extérieurs, plus ou moins bricolés, avec des ouvertures sur la rue, des commutateurs jour-nuit, une voiture coupée en deux pour faire défiler un paysage en transparence, comme chez Hitchcock...
D'où vient votre passion

pour l'amateurisme ?
Elle apparaît dans certains de mes films La Science des rêves ou Soyez sympa rembobinez, mais j'ai ça en moi depuis longtemps, comme une forme d'utopie. La famille du cinéma ne fait appel qu'aux copains. C'est hypermalsain, consanguin, presque. Or, on peut faire des films sans avoir appris. Il suffit d'oser. C'est ce que j'ai apprécié, autrefois, dans le mouvement punk.

L'expérience aura-t-elle

une incidence sur vos films ?
Aujourd'hui, on peut sortir de nulle part et faire des films vus par des millions de gens sur Internet. Filmer est un hobby, mais pour moi, c'est un hobby rémunéré. Je n'ai pas cette ­notion de professionnalisme. Je suis exigeant dans mon travail, mais j'aime garder ce côté amateur. Ne serait-ce que pour m'amuser.