Didier Wampas: «On a la liberté d'expression, qu'en fait-on ?»

©2006 20 minutes

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Didier Wampas Leader du groupe les Wampas

Chanter Chirac en prison, c'est une provocation ? Aujourd'hui on a la liberté d'expression et qu'en fait-on ?

J'ai eu envie de chanter Chirac en prison pour voir ce qui se passerait

Depuis, on parle de coup médiatique, mais c'est la presse qui veut parler de ce morceau

Est-ce vrai que les télés ont refusé à l'avance de diffuser un éventuel clip ?

Oui. On devait faire aussi des photos pour la couverture de Rock&Folk.

Le photographe a demandé à Hugo Boss de nous prêter des costumes, mais il a essuyé un refus à cause de la chanson ! On est en pleine autocensure, à moins qu'Hugo Boss n'habille le Président

Que dit l'Elysée ?

 Rien

(Didier Wampas s'étrangle avec une chips)

J'ai failli m'étouffer avec une cacahuète hier

Manquer de mourir deux fois de suite, c'est louche

Je me demande si les RG ne tentent pas de m'empoisonner (rires)

Après des années passées dans l'ombre, les Wampas cartonnent. C'est une revanche ?

Avant le succès, j'étais déjà comblé : on faisait des disques et des concerts, je ne demandais rien de plus

Là, c'est du bonus

Mais ça n'a pas changé grand-chose : je travaille toujours à la RATP, j'habite dans le même HLM

Je ne suis pas reconnu dans la rue, heureusement

Je n'aimerais pas faire mes courses avec des lunettes noires

Vous avez épinglé Manu Chao et Jacques Chirac. A qui le tour ?

José Bové, peut-être

J'ai du mal avec lui

Quand je vois des groupes punks organiser un concert de soutien pour lui dans le Larzac et cautionner le fromage de chèvre

C'est dur ! Je préfère soutenir Mc Do, juste pour l'emmerder

Recueilli par Isabelle Chelley

Sur une mélodie pop-punk sautillante, le single raconte les déboires d'un homme dont la copine rêve de voir le Président en prison. La France peut dormir tranquille. Ou danser le pogo.