Petits césars pour les mouchoirs

Stéphane Leblanc

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Des hommes et des dieux favori pour la cérémonie du vendredi 25 février.
Des hommes et des dieux favori pour la cérémonie du vendredi 25 février. — VILLARD / NIVIERE / SIPA

«Oh là là ! On va encore se faire engueuler ! » Alain Terzian, président des Césars, était inquiet, vendredi, en découvrant la liste des nominés. Pas à cause des onze nominations reçues par Des hommes et des dieux, des doublés pour Gainsbourg vie héroïque et pour L'Arna­cœur (lire encadré) ou de l'omniprésence des comédies. Mais à cause de la quasi-absence des Petits Mouchoirs. « C'est violent », admet Terzian.

« Pas de noms à rayer »
Comment le chouchou du box-office avec plus de 5 millions d'entrées peut-il n'être représenté que par deux accessits, Valérie Bonneton et Gilles Lellouche en seconds rôles ? Vote sanction ? Défense des petits contre les gros ? Snobisme ? « Je ne crois pas, conteste le producteur Alain Rocca. Les 3 812 professionnels ont voté pour ce qu'ils ont le mieux aimé, pas contre un film en particulier. Aux Cé­sars, il n'y a pas de noms à rayer. »
Le trésorier de l'Académie du cinéma réfute l'idée d'une coalition. « Le cinéma n'est pas une famille, mais un conglomérat de tribus disparates. Séraphine, qui triomphe, c'est un film fauché qui ne rapporte rien à ceux qui l'ont plébiscité. Même chose pour Polanski. Il profite sans doute d'une solidarité particulière, mais personne n'a voté pour lui dans l'espoir de travailler à ses côtés. »

La règle des cumuls

Les premiers films peuvent être à la fois nominés comme meilleur film et premier film. Les comédiens, en revanche, sont classés par catégories (meilleurs espoirs, seconds rôles ou acteurs) avant le vote.