Culture

« Il mettait en scène son image pour incarner nos désirs »

Deux semaines après qu'Amélie Dal­mazzo finissait sa thèse sur Michael Jackson, la star décédait. Docteur en communication et sémiologue, elle a publié cette année Michael Jackson n'a jamais...

Deux semaines après qu'Amélie Dal­mazzo finissait sa thèse sur Michael Jackson, la star décédait. Docteur en communication et sémiologue, elle a publié cette année Michael Jackson n'a jamais existé (Jacob Duvernet). Retour sur un phénomène.

Pourquoi fascine-t-il tant le public ?
C'était un maître de l'illusion. Il mettait constamment en scène son image pour incarner nos désirs. Dans l'inconscient, il représente l'universel, l'immortalité. Même dans sa danse le « moon­walk », il défiait les lois de la physique, se définissant ainsi comme tout puissant.
Jeux vidéos ou émissions télé nous invitent aujourd'hui à l'imiter ?
Imiter, c'est chercher à acquérir les qualités de son modèle. Et avec sa personnalité polymorphe, il est très facile de se reconnaître en Michael Jackson. Il avait quelque chose de l'homme et de la femme, du noir et du blanc, de l'adulte et de l'enfant. Dans ses clips, il incarnait aussi bien le chef de gang que le défenseur des opprimés.
Avec un sens de la communication visuelle inouï…
Son image est construite autour de gimmicks dans le look ou la gestuelle très faciles à imiter. Michael Jackson n'a pas inventé le « moonwalk », il l'a mis en image pour que la magie opère.
Le phénomène va-t-il s'arrêter ?
Comme pour Elvis, un véritable culte est entrain de naître avec ses lieux de pèlerinage et ses dogmes. La sortie du nouveau disque Michael est vécue par certains fans comme un « blasphème ». Le grand public lui sera content d'entendre son idole.Recueilli par Boris Bastide