«Moins pire que prévu», «inégal» ou bien «obscène», l’album posthume de Michael Jackson loin de faire l'unanimité

MUSIQUE «Michael» est sorti vendredi en France mais ne suscite pas franchement l'enthousiasme...

Sandrine Cochard

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Sony

L’album posthume de Michael Jackson ne tient pas toutes ses promesses. Les meilleures comme les pires. Ceux qui s’attendaient à du grand Michael (titre de l'album) seront déçus, ceux qui craignaient une catastrophe seront rassurés. Revue de presse.
 
Moins pire que prévu
 
Michael est un album «meilleur que ce que l’on craignait», affirme Reuters qui a sondé les médias américains. Il limite donc la casse, mais fait-il honneur au chanteur disparu en juin 2009? Difficile à dire puisque l’album compile des «bouts de chansons», selon Libération. Car pour sortir Michael, sa maison de disque, Sony, a dû racler les fonds de tiroirs de titres remontant parfois aux années 1980.
 
«Ça sent le sapin (de Noël) pour Michael Jackson», note, dans un jeu de mot très fin et délicat, L’Express. «Aucune ligne directrice ne se détache vraiment et l'ensemble sonne très années 1980, plombé par les couches et les effets sonores», déplore le site. «Sans tube et inégal, il devrait cependant satisfaire les fans», résume-t-il.
 
Et qu’en pensent les fans de M.J., justement? Interrogés par Ouest France, ils se montrent plutôt déçus par le résultat. «Il aurait mieux valu faire comme avec Hergé: que son oeuvre s'arrête à sa mort», estime l’un d’entre eux. Ils sont toutefois plus enthousiastes sur la page Facebook du chanteur, où les compliments («Incroyable», «fantastique» «magnifique») défilent dans une ambiance franchement nostalgique.
 
«Obscène»

Or, tout l’enjeu de cet album est son succès commercial. «Un album posthume est avant tout une affaire de marketing, rappelle L’Express. Les enjeux pour Sony sont énormes. En mars 2010, la maison de disques a signé avec les exécuteurs testamentaires de la star un accord de 250 millions de dollars pour la publication de dix albums dans les sept prochaines années. L'un des contrats les plus lucratifs de l'histoire de la musique.» Rappelons d’ailleurs que Michael Jackson est la célébrité disparue qui rapporte le plus. Le chanteur décédé a généré pas moins de 275 millions de dollars de revenus depuis sa mort, notait Forbes en octobre dernier. De quoi aiguiser les appétits de ses ayants droits.
 
C’est d’ailleurs ce cynisme qui est la cible des critiques, bien plus que la qualité de l’album posthume. «L’obscénité de ce disque naît de l’ambition des héritiers à en faire une œuvre prophétique et un message d’outre-tombe, dénonce Le Temps. Leurs doubles sens sont si lourdement assénés que ce disque bâtard, remplis de faux inédits et de vieilleries oubliées qui remontent à 1981, ressemble à ces expositions d’écorchés qu’on a mis en situation pour leur redonner vie.» Incarné mais sans âme, donc.