le fan de bieber a justin brin de folie

cédric couvez

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Eau plate et fraises tagada, dans le studio du 6/9 de NRJ, le prodige du R'n'B mondial n'a pas la vie la plus rock'n'roll du monde.
Eau plate et fraises tagada, dans le studio du 6/9 de NRJ, le prodige du R'n'B mondial n'a pas la vie la plus rock'n'roll du monde. — LORENVU / SIPA

« Justiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin ! ». Véritable phénomène chez les prépubères, ­Justin Bieber, 16 ans était mardi en tournée promo à Paris. De quoi émoustiller sa pelletée de groupies bien décidée à effleurer à tout prix la mèche du jeune chanteur canadien. Au péril de nos tympans, nous avons suivi le mouflet heure par heure…

10 h 36 : « Justin est un peu malade, il va se reposer à l'hôtel, nous l'attendons chez NRJ à 16 h 45 pour l'enregistrement du “6/9” ! » Ça commence bien !  Depuis 7 h du matin, une poignée de fans irréductibles font le pied de grue devant la station, couverture de survie sur le dos.

16 h 28 : Une grosse centaine de groupies brave le froid et joue des coudes pour obtenir les meilleures places derrière les barrières. On rencontre Angèle, joli petit bout de fille, accro au chanteur depuis un an : « Il est beau et danse trop bien… Je le suis partout où il va quand il est dans la capitale ! »
Seul bémol, l'ambiance entre fans : « C'est la guerre entre nous. Une vraie compétition pour l'approcher et pas de pitié. » Profil type de nos hystériques : des jeunes filles de 16 ans venues des quatre coins de la France et quelques… freaks.

17 h 04 : Le gamin n'a toujours pas montré le bout de son nez que les chants des fans résonnent à l'unisson dans la petite rue Boileau du très calme 16e arrondissement. La police est sur la chaussée pour assurer le trafic. Les dix-sept agents de sécurité sont sur la brèche pour éviter le mouvement de foule de trop. Venu enregistrer une émission sur Nostalgie située dans le même immeuble, Didier Barbelivien sort, lunettes noires sur le nez, par la porte principale dans le plus parfait anonymat…

17 h 42 : Très en retard, Bieber déboule dans un van noir entouré d'une dizaine de personnes. Agents, managers, bodyguards lui collent aux basques. On se demande même comment il a fait pour attraper un rhume la veille. Il met un bon quart d'heure pour réussir à s'installer dans le studio. Une fois assis, il se goinfre de fraises Tagada et dévale un litre d'eau plate.

18 h 13 : Nikos, l'animateur du « 6/9 » et Justin deviennent copains comme cochons et s'ajoutent sur Twitter. Bieber chante même Frère Jacques au micro. Fin de l'interview. Direction le plateau du « Grand Journal ».

19 h 25 : Calme plat devant la chaîne cryptée. Les fans ont préféré faire l'impasse sur le bunker pour tenter leur chance au Palais de Chaillot où l'ado va donner un concert privé pour seulement mille personnes.

22 h 22 : Justin monte sur scène… C'est la folie dans la fosse. Certaines s'évanouissent, d'autres se claquent les cordes vocales. Dans le carré VIP, ­Pascal Nègre, big boss d'Universal Music, le label du prodige, se frise les moustaches.

23 h 01 : Fin du show, le chanteur rentre au bercail. Demain matin, c'est séance de devoirs obligatoire.