Florence Foresti: «Le diktat de la mère parfaite a la peau dure»

INTERVIEW La comique décomplexée revient en scène et en DVD avec son «Mother Fucker»...

Recueilli par Oihana Gabriel

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La comique Florence Foresti lors de son spectacle «Moteher Fucker».
La comique Florence Foresti lors de son spectacle «Moteher Fucker». — DR

Les joies de la maternité, Florence Foresti les dézingue une par une dans son show tordant Mother Fucker sur scène et en DVD (lire encadré).

Quel est votre pire souvenir de mère?
J'en ai tout le temps… La difficulté est quotidienne. Tout est vrai dans le spectacle. Je pense que si on disait la vérité, on effraierait les jeunes filles. C'est dur, mais ce n'est pas correct de le dire.

Et quel a été pour vous la grande surprise de la maternité?
Je ne m'attendais pas à l'aimer tant. Mais l'amour pour ma fille n'a rien à faire dans le spectacle. J'avais déjà envie de parler de la maternité avant. Quand j'ai vu que mes copines, des filles très modernes, étaient encore soumises au diktat de la mère parfaite. Il a la peau dure. J'ai voulu libérer la parole. Pouvoir dire « toi aussi t'as envie de le jeter par la fenêtre  ? », ça évite de culpabiliser.

Il y a eu des réactions de mères?
Elles sont pires que moi. Je ne suis qu'au premier stade. Incroyable.

Vous avez fait une intro pour le DVD…
J'ai mis en scène le cauchemar des humoristes : arriver en stress sans son pantalon sur scène, comme quand on rêve qu'on va à l'école tout nu.

Qu'est-ce qui vous a aidée à faire cette carrière de comique?
Une succession de détonateurs. Des petits festivals sans importance. C'est comme ça que se font les carrières.

Petite, vous vouliez faire ce métier?
Oui, mais je ne le nommais pas. Je savais que ça serait sous les projecteurs et dans le domaine du rire… J'aurais dû m'avouer que c'était du one-man-show. J'ai eu peur de l'échec. Je n'étais pas d'une famille d'artistes. Ça me semblait impossible.

Vous étiez un garçon manqué…
Très vite, j'ai joué à des jeux de garçons. Il y a deux moyens d'attirer les garçons, soit être séduisante, soit jouer avec eux. J'ai choisi ce biais-là.

Vous n'aviez pas d'avion Barbie?
Pas du tout, mais le 4 X 4 de G. I. Joe ! L'avion Barbie, je l'ai rencontré dans une brocante chez ma mère. Je l'ai mis sur scène le soir même.

Un détour par le cinéma?
J'ai joué et coécrit une comédie avec Jamel Debbouze, Hollywoo. Mais le cinéma, ça reste et restera rare.

En chair et écran

La plupart des dates en province sont complètes, mais Florence Foresti va faire glousser le Palais des Sports en mars. Elle livre aussi le show à domicile grâce au DVD (TF1 Vidéo, 19,99 euros).