Comment un tableau volé dans les années 1970 en France s'est retrouvé en vente à New York?

CULTURE Une huile de Degas appartenant à Orsay a été repérée en vente chez Sotheby's...

C.P.

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Musée Malraux au Havre en 2006
Musée Malraux au Havre en 2006 — PASQUIER JEAN-ERICK / SIPA

C’est une étude de têtes d’Edgar Degas, évaluée à 300.000 euros. Intitulée Blanchisseuses souffrant des dents, cette huile sur toile avait été volée en 1973 au Havre, au musée Malraux où elle était en dépôt du Musée d’Orsay. Et soudain, trente-sept ans plus tard, elle refait surface chez Sotheby’s, maison de vente, à New York.
 

Mieux: ce n’est même pas Sotheby’s qui s’en est rendu compte en faisant l’inventaire de la vente, ni le Musée d’Orsay en épluchant le catalogue. Mais un particulier du nord de la France, un fan du musée Malraux, qui savait que cette pièce y manquait.
 
Les nouvelles bases de données

Le cheminement mystérieux qui a permis à cette huile de traverser l’Atlantique est encore inconnu. Car si la toile figure sur la liste des œuvres volées établies par le Quai d’Orsay, Interpol ne tenait pas encore une base de données des larcins – créée seulement en 1975, soit deux ans après le vol. Depuis, les vols antérieurs sont répertoriés, mais cela se fait peu à peu, et la liste est à jour pour les œuvres dérobées depuis, mais pas avant. De même, l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (organisme de police français chargé de la recherche des biens culturels, dont les tableaux), n’a été créée qu’en 1995.
 
Grâce à l’amateur havrais, une enquête a été lancée, conjointement avec Interpol, les autorités américaines et françaises, pour retracer le parcours du Degas depuis 1993. Et une procédure de négociations est mise en place avec le détenteur actuel. On ne sait pas encore quand la toile fera son retour en France.

Ce genre de restitution s’est déjà vue. En juillet dernier, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, avait remis au musée du quai Branly le fétiche à clous Nkondé tsangui (Gabon), disparu des réserves du musée de l’Homme, vraisemblablement entre 1944 et 1955 et retrouvé des années plus tard, le 2 décembre 2009, lors de la vente de la collection de l’amateur d’art africain Armand Charles.

>> PS: Vous vous souvenez de l’histoire de Tintin et l’Oreille Cassée?